Le Comité de soutien aux droits de l’Homme en Iran (CSDHI) condamne avec la plus grande fermeté la nouvelle vague de répression et les condamnations à mort prononcées contre des prisonniers politiques en Iran.
Selon des informations fiables, tous les détenus politiques de la prison de Fashafouyeh (au sud de Téhéran), ont été transférés à la prison d’Evin, à l’exception de cinq prisonniers politiques condamnés à mort : Vahid Bani-Amerian, Pouya Ghobadi, Shahrokh Daneshvarkar, Babak Alipour et Mohammad Taghavi. Ces prisonniers ont été violemment battus avant d’être transférés à la prison de Ghezelhessar, tristement célèbre pour les exécutions imminentes. Ils ont été condamnés à mort pour leur affiliation présumée à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK).
Leur condamnation est intervenue après de longues périodes de torture, d’interrogatoires inhumains et de procès iniques menés par le juge Iman Afshari, président de la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran.
Les profils de ces prisonniers politiques sont les suivants :
- Pouya Ghobadi (32 ans) : ingénieur électricien, arrêté en mars 2024, déjà détenu à deux reprises auparavant.
- Vahid Bani-Amerian (32 ans) : titulaire d’un master en gestion, avec plusieurs arrestations depuis 2017.
- Babak Alipour (33 ans) : diplômé en droit, arrêté en janvier 2024, anciennement emprisonné quatre ans à partir de 2018.
- Shahrokh (Akbar) Daneshvarkar (57 ans) : ingénieur civil, arrêté en janvier 2024.
- Mohammad Taghavi (58 ans) : prisonnier politique dans les années 1980 et 1990, arrêté en 2020 et condamné à trois ans de prison.
Il convient de rappeler que le 27 juillet 2024, deux autres prisonniers politiques, Behrouz Ehsani Eslamloo et Mehdi Hassani, ont été exécutés pour les mêmes accusations de liens avec l’OMPI.
Nous considérons cette nouvelle vague d’exécutions non seulement comme une violation flagrante des droits humains, mais également comme une politique brutale visant à réprimer l’opposition politique, rappelant le massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988. Cette concomitance constitue un avertissement grave du déclenchement d’une nouvelle vague de massacres destinée à maintenir le régime iranien au pouvoir.
Nous, Comité de soutien aux droits de l’Homme en Iran (CSDHI), appelons Misa Sato, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits humains en Iran, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, ainsi que toutes les instances internationales, à condamner immédiatement ces actions et à exiger l’annulation immédiate des condamnations à mort de ces prisonniers politiques. Nous demandons également à l’Union européenne et à ses États membres de condamner avec la plus grande fermeté cette vague d’exécutions et de prendre des mesures urgentes et concrètes pour y mettre un terme.


