Le pouvoir judiciaire iranien annule les grâces accordées aux manifestants arrêtés et emprisonnés

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CSDHI – Le chef du pouvoir judiciaire iranien a ordonné le retrait des noms des manifestants arrêtés lors des récentes manifestations de la liste annuelle des personnes graciées.

Chaque année, des prisonniers iraniens sont graciés à l’occasion du 11 février, anniversaire de la révolution de 1979. Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire, a ordonné que les noms de toutes les personnes liées de près ou de loin aux récents « problèmes de sécurité » soient retirés de cette liste et que cette mesure annuelle, appliquée sur ordre d’Ali Khamenei, guide suprême du régime, ne les concerne pas.

Lundi 9 février, évoquant la soumission à Khamenei, comme les années précédentes, de la liste des condamnés éligibles à la grâce, il a souligné : « Compte tenu des circonstances et des récentes séditions violentes, j’ai ordonné que les noms de tous les condamnés ayant un lien quelconque avec des questions de sécurité soient retirés des listes de grâce. Les accusés et les condamnés impliqués dans les récents troubles ne bénéficieront d’aucune grâce ni d’aucune mesure de clémence.»

Auparavant, des médias iraniens avaient rapporté que, lors d’un déplacement dans la province de Markazi, le chef du pouvoir judiciaire avait évoqué la « soumission d’une proposition de grâce pour une partie des personnes détenues lors des récents événements, et son approbation » par Khamenei, le guide suprême du régime iranien.

Suite aux manifestations populaires de janvier, le chef du pouvoir judiciaire iranien a insisté à plusieurs reprises sur une réponse ferme et immédiate aux manifestants, qu’il a qualifiés d’« émeutiers ».

Ejei a ordonné la radiation des noms des « détenus pour raisons de sécurité » de la liste des personnes graciées, alors que des milliers de manifestants avaient été arrêtés par les forces du régime lors des manifestations de janvier. Parmi eux, plusieurs sont mineurs et des écoliers.

Les organisations et instances de défense des droits humains ont maintes fois alerté et exprimé leur vive inquiétude quant à la situation des personnes détenues lors des récentes manifestations.