CSDHI – Fardis, Karaj – Un champ de mort pour les manifestants
Les événements survenus à Fardis, à Karaj, lors du soulèvement populaire iranien de janvier 2026, dépassent le cadre d’une simple répression de rue ; ils constituent un cas manifeste de « crimes contre l’humanité » et une violation systématique du droit à la vie. Les rapports documentés et les témoignages poignants recueillis dans cette ville font état d’un « massacre organisé » au cours duquel les forces étatiques, en violation flagrante des conventions internationales, ont utilisé des armes de guerre contre des civils. En administrant des « coups de grâce » aux blessés et en enlevant les corps des victimes, elles ont commis des atrocités qui heurtent la conscience humaine. Ce rapport atteste de la transformation d’une ville en zone de guerre et de l’effort concerté des autorités pour « nettoyer » la scène du crime par des coupures de télécommunications et l’intimidation des survivants.
Fardis : une ville transformée en champ de bataille
Selon les témoignages, l’ampleur de la répression du soulèvement populaire iranien de janvier 2026 fut telle que les autorités imposèrent un black-out total sur la circulation des informations afin de la dissimuler. D’après un témoin, après le début du massacre à Fardis, l’accès à Internet fut largement interrompu pour étouffer la voix des habitants et masquer l’ampleur réelle de la répression. Il ajoute :
« Je ne peux tout simplement pas décrire pleinement ce qui s’est passé. C’est inimaginable. Fardis s’était transformée en champ de bataille… durant les jours du soulèvement, Fardis ressemblait à l’apocalypse en raison de l’affluence massive et de l’intensité des affrontements. Les rues étaient des bains de sang. C’était une guerre totale entre le peuple et les forces de Khamenei. »
Déploiement militaire des forces répressives
Dans les nuits des 8 et 9 janvier, les forces de répression furent déployées avec un équipement lourd pour mettre au pas le soulèvement populaire iranien de janvier 2026.
Témoignage :
« Fardis était extrêmement bondée. Les unités de répression prenaient sans cesse des positions de combat dans les boulevards arrière. Les gens, les mains nues, arrachaient des blocs de ciment du sol, les brisaient et les lançaient vers les mercenaires… [Ces derniers] ont utilisé des mitrailleuses et des armes militaires contre des personnes totalement désarmées. »
Les atrocités du Troisième Rond-Point : des tirs de mitrailleuse aux coups de grâce
Cette section détaille le moment de l’assaut, la recherche d’un abri par le témoin et l’observation d’exécutions à même la rue.
Attaque soudaine et tirs de mitrailleuse :
Le témoin du soulèvement populaire iranien de janvier 2026 décrit l’instant où le carnage a commencé :
« Le vendredi 9 janvier, en un instant, les agents ont chargé la foule. Il y avait une foule immense au Troisième Rond-Point de Fardis. Les mercenaires ont attaqué et ont commencé à tirer à la mitrailleuse. »
Il poursuit :
« J’étais près d’un mur, à côté d’un sous-sol. Je me suis précipité à l’intérieur et j’ai ainsi échappé aux balles. Mais le bruit des tirs et des cris ne cessait pas. »
Observation des coups de grâce (massacre des blessés)
Le témoin, observant la scène depuis une petite fenêtre du sous-sol, déclare :
« J’observais sous un angle précis. J’ai vu de nombreuses personnes, environ 60 individus atteints par balles, gisant au sol. J’ai vu de mes propres yeux quelque chose que je n’avais vu que dans les films. Croyez-moi, les blessés étaient étendus par terre et les agents leur ont administré des coups de grâce sur place. »
Il ajoute :
« Il y avait parmi les blessés toutes sortes de personnes — des personnes âgées, des jeunes, et même de très jeunes enfants. C’était insoutenable. Ensuite, ils ont rassemblé les corps sans vie et les ont emportés. J’ai personnellement vu de nombreuses personnes achevées par des coups de grâce. »
Nettoyage des rues des corps
Selon le témoin, le massacre a duré de 20 heures le 9 janvier jusqu’à environ 21 h 30, des escarmouches sporadiques se poursuivant jusqu’à minuit. Il précise :
« J’ai pu quitter la zone à 3 h 30 du matin. Une fois certain qu’il ne restait plus personne et qu’ils avaient récupéré et emporté les corps, je me suis éloigné de la région de Fardis. »
Le massacre du quartier Siah-Noush (tirs directs)
Témoignage :
« Le 8 janvier à Fardis (quartier de Siah-Noush), les forces de répression ont commis un crime horrible en tirant directement sur la population. Dans un cas, au moins 10 jeunes ont été tués ou blessés, leurs corps dispersés sur le sol. »
Kahrizak et l’extorsion des familles
La tragédie s’est poursuivie après les tueries par la « prise en otage » des dépouilles et l’extorsion exercée sur les familles dans les morgues.
Témoignage (conditions à Kahrizak) :
« À Kahrizak, on pouvait à peine poser le pied au sol. Partout, il y avait du sang, et l’odeur du sang imprégnait toute la zone. Il était clair que certains corps avaient des familles, mais personne n’était là pour les réclamer. »
Témoignage (extorsion) :
« La famille d’une des victimes a cherché sa trace pendant trois jours entiers avant d’apprendre qu’il se trouvait à Kahrizak. N’ayant pas les moyens de payer le “prix de la balle” (pool-e tir) exigé pour récupérer le corps, ils ont été contraints de signer des documents reconnaissant l’[fausse] appartenance de leur frère au Basij. »
Analyse juridique (Violation de la DUDH et du Statut de Rome)
Les événements de Fardis constituent une violation flagrante et grave des droits humains fondamentaux :
Article 3 (Droit à la vie) : Massacre de manifestants non armés.
Article 5 (Interdiction de la torture) : Administration de coups de grâce aux blessés et traitement inhumain des corps.
Article 12 (Vie privée) : Contraintes exercées sur les familles et ingérence dans leurs affaires privées.
Article 25 (Droit à la santé) : Entrave à l’accès aux soins pour les blessés.
Crimes contre l’humanité
En vertu de l’article 7 du Statut de Rome, les meurtres systématiques, les disparitions forcées et les actes inhumains commis contre une population civile à Fardis relèvent des crimes contre l’humanité.
Le temps de l’action est venu
Le schéma répressif observé à Fardis — en particulier l’usage documenté de coups de grâce contre des blessés et l’extorsion des familles endeuillées — révèle l’existence d’une chaîne de commandement centralisée visant à l’élimination physique des manifestants. Ces actes relèvent pleinement de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI).
Les noms des commandants responsables du siège et du massacre de Fardis doivent être identifiés sans délai, inscrits sur les listes internationales de sanctions et faire l’objet de poursuites judiciaires.
Le degré d’atrocité dépasse le cadre d’une répression interne et s’apparente à un crime de guerre commis contre une population civile.

