CSDHI – Des figures éminentes du régime réaffirment publiquement leur engagement à réprimer le soulèvement populaire et à poursuivre les manifestants.
Des responsables de haut rang au sein du régime iranien ont réitéré publiquement leur détermination à intensifier la répression contre les protestataires, signalant que le régime considère le mouvement actuel comme une menace existentielle.
Dans des déclarations récentes diffusées sur des médias officiels le 10 février 2026, les autorités politiques et judiciaires ont présenté les manifestations non pas comme des revendications internes, mais comme faisant partie d’un effort soutenu par l’étranger visant à renverser le régime.
« L’objectif de l’ennemi n’a pas changé »
Mojtaba Zolnouri, membre du Parlement iranien, s’exprimant à Rasht, a affirmé que l’objectif ultime de ce qu’il qualifie « d’ennemi » demeure le changement de régime.
« L’objectif de l’ennemi, qui est le renversement du système, n’a pas changé. »
Se référant aux récents affrontements dans les rues d’Ispahan, il a décrit des incidents dans lesquels du carburant aurait été versé sur la chaussée pour faire glisser les motos utilisées par les forces spéciales. Selon Zolnouri, deux motos sont tombées et quatre motards ont été arrêtés.
Il a également lié les troubles internes à des tensions géopolitiques plus larges, en questionnant le sens d’engagements diplomatiques simultanés et de déploiements militaires des États-Unis. Se référant aux contacts rapportés entre l’envoyé américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, parallèlement à la présence du commandement central américain, il a déclaré :
« Que signifie le fait que M. Witkoff s’assoit à la table avec M. Araghchi pour négocier, tandis qu’en même temps M. Cooper, commandant régional américain et chef du CENTCOM, est également présent ? Cela signifie d’un côté la carotte des négociations et de l’autre le bâton — et si vous ne cédez pas, il y aura une attaque militaire. »
Ses propos ont été diffusés par la chaîne officielle Baran TV.
Le pouvoir judiciaire promet une action « décisive »
Des responsables judiciaires de haut rang ont repris des thèmes similaires, soulignant que ceux accusés de participation au soulèvement populaire feraient face à des conséquences juridiques strictes.
Ali Khalili, premier adjoint du pouvoir judiciaire, s’est adressé à des audiences pro-régime réclamant des sanctions plus sévères contre ce que les autorités qualifient de « fauteurs de troubles » et de « terroristes ». Interrogé sur l’état des affaires en cours, Khalili a déclaré :
« Certaines de ces affaires ont été instruites par le parquet et sont passées devant les tribunaux avec des actes d’accusation. Les tribunaux en ont examiné certaines et ont rendu des jugements conformément aux normes légales. Mais comme vous l’avez vu, dans ces circonstances où ils ont émeuté, causé des désordres et commis des incendies, des mesures décisives seront naturellement prises contre eux. »
Ses propos ont été publiés par l’Agence de presse étudiante affiliée au régime des mollahs (ISNA).
Le porte-parole du judiciaire, Masoud Jahangir, a renforcé ce message, avertissant que ceux accusés d’avoir délibérément versé de l’essence lors des troubles seraient poursuivis.
« Ceux qui ont versé délibérément et sciemment de l’essence lors de ces événements doivent être assurés qu’ils seront traités conformément à la loi. »
Il a ajouté que le chef du pouvoir judiciaire avait ordonné un traitement ferme et rapide de ces affaires et a exprimé son insatisfaction quant au fait que le personnel judiciaire ne travaillait pas avec suffisamment d’effort « jihadiste » et en continu. Jahangir a conclu :
« Nous saurons distinguer les larmes de crocodile des larmes véritables. »
Escalade plutôt que désescalade
Dans l’ensemble, ces déclarations indiquent que la direction iranienne se prépare à une campagne soutenue de répression plutôt qu’à un apaisement. Les responsables présentent systématiquement le soulèvement populaire comme une subversion organisée plutôt que comme l’expression d’un mécontentement interne, renforçant le récit de longue date du régime selon lequel les troubles sont orchestrés de l’extérieur.
L’accent mis sur les inculpations rapides, les décisions judiciaires décisives et l’intensification des procédures judiciaires suggère un effort coordonné entre les forces de sécurité et le judiciaire pour dissuader toute mobilisation supplémentaire. Alors que les manifestations et actes de résistance civile se poursuivent dans diverses villes, le message du régime ne laisse aucun doute : il entend répondre par la force, les poursuites et des mesures de sécurité accrues.
Reste à savoir si cette stratégie réussira à contenir le mouvement du soulèvement populaire ou si elle ne fera qu’accroître la colère populaire. Ce qui est clair, c’est que le régime perçoit la vague actuelle de manifestations non pas comme un simple épisode perturbateur, mais comme un défi direct à sa survie.

