Conférence en ligne – Journée internationale des droits humains

Iran : répression, misogynie d’État et résistance face à l’escalade des exécutions

À la veille de la Journée internationale des droits humains, une visioconférence en ligne, réunissant des citoyens français sensibles à la situation en Iran ainsi que des abonnés de la page Instagram de l’organisation.
Cette conférence avait pour objectif d’alerter l’opinion publique sur la dégradation alarmante des droits humains en Iran, en particulier l’augmentation sans précédent des exécutions, dont un nombre croissant de femmes.

Animatrice du programme :
Azadeh Alemi,
comité de soutien aux droits de l’Homme en Iran (CSDHI)

Invités de l’émission :
Simin Nouri,
présidente de l’association des Femmes Iraniennes en France (AFIF)
Mahan Taraj,
juriste, créatrice du podcast « L’Iran Décrypté »

Une situation des droits humains en chute libre

La conférence a été ouverte par Azadeh Alemi, qui a rappelé que la réunion était enregistrée et destinée à être diffusée sur différentes plateformes afin de donner une voix aux victimes de la répression en Iran. Elle a souligné que le régime iranien intensifie la répression par crainte d’un nouveau soulèvement populaire.
Selon les chiffres évoqués, plus de 1 700 personnes ont été exécutées au cours de l’année écoulée, dont 57 femmes, un chiffre record à l’échelle mondiale.

 

Misogynie institutionnalisée et violences légalisées

Mahan Taraj, juriste et créatrice du podcast L’Iran décrypté, a analysé les fondements juridiques de l’oppression des femmes en Iran. Elle a expliqué que la misogynie y est institutionnalisée, reposant sur un système étatique fondé sur une interprétation extrémiste de la religion.

Elle a mis en lumière deux formes majeures de violences légales :

  • Les mariages forcés de mineures, autorisés dès 13 ans, avec des dérogations permettant des mariages dès 9 ans ;
  • Les crimes dits d’honneur, facilités par un code pénal garantissant une quasi-impunité aux auteurs, notamment lorsque le crime est commis par un père ou un membre masculin de la famille.

Discrimination constitutionnelle et répression des dissidentes

Simin Nouri, présidente de l’Association des femmes iraniennes en France, a souligné que la discrimination envers les femmes est constitutionnelle, juridique et délibérée. La Constitution iranienne place la femme sous tutelle masculine et l’exclut des sphères de pouvoir, avec une représentation parlementaire inférieure à 6%.

Elle a également évoqué la répression ciblée contre les femmes engagées dans la contestation, citant notamment :

  • Maryam Akbari Monfared, prisonnière politique détenue depuis plus de 16 ans ;
  • Somayeh Rashidi, ouvrière textile décédée en détention après un déni de soins médicaux ;
  • Zahra Tabari, Une ingénieure de 67 ans a été condamnée à mort en dix minutes seulement, sans avocat, pour avoir écrit en ligne le slogan « Femme, Résistance, Liberté ». Elle se trouve actuellement sous le coup d’une peine de mort.

 

Prisonniers politiques et menace d’exécutions imminentes

Un message audio enregistré depuis une prison iranienne a été diffusé, appelant la communauté internationale à être « la voix des sans-voix ».
Il a été rappelé qu’environ 70 prisonniers politiques sont actuellement sous le coup d’une condamnation à mort, dont plusieurs accusés de liens avec l’opposition organisée.

Le cas de Mohammad Javad Vafaei Sani, champion de boxe, a été présenté comme emblématique de la stratégie d’intimidation du régime envers la jeunesse. Une campagne internationale en sa faveur a déjà permis de mobiliser des athlètes et des personnalités sportives de renom.

Actions du CSDHI et mobilisation internationale

Azadeh Alemi a présenté les actions menées par le CSDHI, notamment une vaste campagne auprès des maires français pour exiger l’arrêt des exécutions, ayant déjà recueilli plus de 1 500 signatures, ainsi que l’organisation de manifestations et d’événements en France et en Europe.

Les participants ont également échangé sur les leviers juridiques et diplomatiques, soulignant l’importance :

  • des résolutions des Nations unies,
  • de la reconnaissance du massacre de 1988 comme crime contre l’humanité,
  • et de la nécessité de conditionner les relations diplomatiques avec l’Iran au respect des droits humains.

Un régime non réformable face à une résistance persistante

Les intervenants ont unanimement rappelé que le régime iranien n’est pas réformable et que l’intensification de la violence est un signe de faiblesse.
Malgré la terreur, la résistance se poursuit à travers :

  • les actions des unités de résistance à l’intérieur du pays,
  • la campagne des « mardis de non aux exécutions » menée par les prisonniers politiques,
  • et la mobilisation des familles devant les prisons.

Conclusion

La visioconférence s’est conclue sur un appel à renforcer la mobilisation internationale en soutien au peuple iranien, en particulier aux femmes et aux prisonniers politiques menacés d’exécution.
Comme l’ont rappelé les intervenants, la liberté et la démocratie en Iran ne pourront être obtenues que par le peuple iranien lui-même, avec le soutien vigilant et constant de la communauté internationale.

 

Clip complet de la conférence :