CSDHI – Un prisonnier politique kurde nommé Ramin Zeleh, originaire de la ville de Naqadeh et détenu dans la prison locale, a été condamné à mort par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad, sous la présidence du juge Siyami, pour le chef d’accusation de « baghi » (rébellion armée). Le verdict lui a été notifié le samedi 6 décembre.
Selon les informations disponibles, cette accusation repose sur l’allégation selon laquelle il « appartenait à l’un des partis politiques kurdes » — une charge couramment utilisée par le régime iranien contre les militants kurdes. Mahabad et Naqadeh se situent dans le nord-ouest de l’Iran, une région à forte population kurde.
Arrestation sans mandat et 508 jours de détention au secret sous pression sécuritaire
Ramin Zeleh a été arrêté par les forces de sécurité le 22 juillet 2024, sans aucun mandat judiciaire les autorisant à entrer chez lui ou à procéder à son arrestation. Après le raid des forces sécuritaires dans son domicile, il a été transféré vers un lieu inconnu, et sa famille est restée longtemps sans aucune information sur son sort.
Depuis son arrestation, ce prisonnier politique a passé plus de 508 jours en interrogatoire, détention et sous une intense pression sécuritaire.
Des sources informées indiquent que la famille de Zeleh a été soumise à une pression constante et à des menaces répétées de la part des forces de sécurité, afin de les empêcher de rendre publique la situation de leur fils. Ces menaces—dont des avertissements concernant les « conséquences » d’une médiatisation du dossier—ont suscité une profonde angoisse et une détresse émotionnelle sévère pour la famille.
Refus d’accès à un avocat et procès expédié en quelques minutes
Selon une source proche du dossier, Ramin Zeleh a été privé d’accès à un avocat de son choix à toutes les étapes de son arrestation, de son interrogatoire, et même par la suite. Il a été totalement privé du droit à une défense indépendante.
Le tribunal lui a attribué un avocat commis d’office, dont ni le nom ni l’identité ne sont connus de sa famille — un schéma récurrent dans les affaires politiques traitées par les tribunaux révolutionnaires d’Iran.
Le procès de ce prisonnier politique kurde s’est tenu en ligne, lors d’une audience qui n’a duré que quelques minutes — sans possibilité de se défendre convenablement, ni de présenter des preuves. Selon les informations reçues, la procédure judiciaire a été si rapide et opaque que même l’avocat commis d’office n’a joué aucun rôle significatif dans sa défense.
Sur la base de cette seule audience expéditive, la peine de mort a été prononcée puis communiquée.
Privation d’appels téléphoniques et de visites familiales
D’après plusieurs sources, Ramin Zeleh a été privé de tout appel téléphonique et de toute visite de sa famille durant l’ensemble de sa détention. Cette interdiction a été appliquée tant pendant ses interrogatoires que durant son incarcération ultérieure dans les centres de détention et en prison.
La plupart du temps, sa famille ne disposait d’aucune information sur son état de santé ou son lieu de détention — une pratique couramment utilisée par le régime iranien pour exercer une pression supplémentaire sur les détenus politiques.
Pressions sur la famille et fortes restrictions sécuritaires
La famille de ce prisonnier politique s’est vu refuser l’accès à son dossier judiciaire. Selon ses proches, les forces de sécurité les ont menacés à plusieurs reprises, affirmant que « si vous parlez, l’affaire deviendra plus compliquée ».
Ces pressions les ont empêchés d’exprimer publiquement leurs inquiétudes.
Processus judiciaire opaque et inquiétudes des défenseurs des droits humains
La condamnation à mort d’un prisonnier politique à l’issue d’un procès expédié en quelques minutes, tenu sans la présence d’un avocat choisi par l’accusé, suscite de vives préoccupations chez les défenseurs des droits humains.
Selon des sources informées, l’affaire de Ramin Zeleh est entachée de violations graves et systématiques de ses droits fondamentaux, depuis le premier jour, sans qu’aucun élément ne laisse penser que les principes d’un procès équitable ou d’une procédure régulière aient été respectés.



