Le simulacre des élections iraniennes révèlent les vulnérabilités du régime dans un contexte de mécontentement public

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CSDHI – Avec un taux de participation de seulement 8 % au second tour des élections iraniennes, divers médias et initiés du régime ont qualifié le processus de « désastre » et de « scandale », révélant de profondes dissensions au sein de l’establishment au pouvoir.

Le faible taux de participation aux élections iraniennes à Téhéran, décrit par l’ancien ministre des communications Mohammad-Javad Azari Jahromi comme un témoignage du rejet du régime par 92 % de la population, a déclenché une cascade de critiques et de moqueries à l’encontre des représentants du gouvernement. Ahmad Vahidi, le ministre de l’intérieur, a bizarrement qualifié la débâcle électorale de « saga héroïque », ce qui a suscité les sarcasmes des médias d’État, qui ont notamment publié des titres se moquant du discours de résilience et d’unité du régime.

La controverse s’étend aux rangs mêmes du régime, avec des journaux liés au Guide suprême Ali Khamenei, comme Javan et Resalat, dirigés parles pasdarans, qui se moquent ouvertement du processus électoral et des tentatives de « purification » des rangs du régime.

Such public intra-regime criticism illustrates the widening gap between the leadership's objectives and the political reality shaped by widespread public discontent.
Ces critiques publiques à l’intérieur du régime illustrent le fossé qui se creuse entre les objectifs des dirigeants et la réalité politique façonnée par le mécontentement généralisé de la population.

La stratégie du guide suprême Khamenei, qui consiste à consolider le pouvoir en promouvant des alliés comme le président Ebrahim Raïssi et en tentant de resserrer les rangs, a ironiquement entraîné des fissures plus visibles au sein de l’establishment. Cette situation est mise en évidence par les luttes de pouvoir internes véhémentes et l’expression publique des griefs des fonctionnaires, qui contestent désormais ouvertement les politiques et les décisions de Khamenei.

Les critiques se concentrent sur le décalage entre la quête d’unité du régime et la non-participation aux élections iraniennes, certains accusant les dirigeants de favoriser la division plutôt que la cohérence.

Malgré les efforts de Khamenei pour renforcer son emprise sur le pouvoir par une série de manœuvres politiques, notamment l’élimination des éléments les plus radicaux du gouvernement, les événements récents semblent indiquer que ces manœuvres se sont retournées contre lui. S’écartant nettement de sa rhétorique habituelle,  Khamenei a récemment appelé à la modération dans le discours politique, appelant à ne pas « répandre la haine » et à ne pas tenir de propos litigieux, ce qui, craint-il, pourrait encore « détruire la douceur du nouveau parlement ».

The root of the regime’s crisis appears to stem from a profound disconnect between the government and the governed, with the engineered elections exacerbating public grievances rather than resolving them.
L’origine de la crise du régime semble provenir d’une profonde déconnexion entre le gouvernement et les gouvernés, les élections manigancées exacerbant les griefs de la population au lieu de les résoudre.

Le boycott massif des élections a servi d’indicateur clair de la demande de la population pour un changement substantiel, reflétant un désir plus large de changement de régime que de simple participation aux élections iraniennes.

Alors que l’Iran est confronté à ces défis internes et à la demande croissante de révolution de la part de la population, la stabilité du régime reste incertaine. La crise actuelle souligne le besoin critique d’un véritable dialogue entre le gouvernement et ses citoyens pour combler le fossé qui se creuse – une tâche qui semble de plus en plus ardue dans le climat politique actuel.

Source : Stop Fundamentalism