Le retour de Hossein Ali Amiri : Craintes renouvelées de répression dans la province de Fars

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CSDHI – La récente nomination de Hossein Ali Amiri, l’ancien juge en chef de la province de Fars, en tant que nouveau gouverneur de la région a suscité de vives inquiétudes quant à une résurgence de la répression sévère du régime iranien. Connu pour ses positions anti-juives et ses décisions judiciaires sévères, le retour d’Amiri à Fars, associé à son passé tristement célèbre, annonce un avenir inquiétant pour les minorités religieuses et politiques de la région. Son ascension dans les rangs du régime est largement attribuée aux mesures extrêmes qu’il a prises à l’encontre de la communauté juive de Chiraz.

Un chapitre sombre à Chiraz : L’arrestation de citoyens juifs

L’histoire de l’ascension de Hossein Ali Amiri commence il y a plus de 26 ans, alors qu’il était juge en chef de la province de Fars. À la fin des années 1990, treize Juifs ont été soudainement arrêtés à Chiraz, accusés d’espionnage pour le compte d’Israël – une accusation familière que le régime iranien a fréquemment utilisée contre les Juifs et les bahá’ís depuis la révolution de 1979. Le régime n’a fourni que peu ou pas de preuves de ces accusations, ce qui a suscité l’inquiétude et l’indignation de la communauté internationale.

À l’époque de ces arrestations, le guide suprême de l’Iran, Ali Khamenei, remettait en question l’Holocauste et niait ouvertement les atrocités commises contre les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce climat hostile a jeté les bases des mesures sévères prises par le régime à l’égard de la population juive, et Amiri a été l’un des principaux acteurs de cette campagne de répression.

Le rôle d’Amiri dans la persécution de la communauté juive de Chiraz lui a valu d’être considéré comme un acteur clé de l’agenda antisémite du régime. Ses actions au cours de cette période sont emblématiques d’une tendance plus large à la répression, le régime s’attaquant aux minorités sous couvert d’espionnage et d’autres accusations forgées de toutes pièces.

L’héritage de la répression dans la province de Fars

La récente nomination d’Amiri au poste de gouverneur attire également l’attention sur ses actions contre la communauté bahá’íe. Dans les années 1980, 16 hommes et femmes bahá’ís de Chiraz ont été accusés d’espionnage pour le compte d’Israël et tous ont été pendus sur la place Chogan de la ville. Dix ans plus tard, l’arrestation des 13 Juifs s’est déroulée de la même manière. Ces événements témoignent d’une volonté manifeste de s’en prendre aux minorités religieuses, les accusations forgées de toutes pièces servant souvent de prétexte à des actes de violence sanctionnés par l’État.

L’un des architectes des arrestations et des exécutions dans la région n’est autre que Hossein Ali Amiri, qui a retrouvé un poste puissant dans la province de Fars. Ses actions passées font craindre que sa reconduction n’entraîne de nouvelles mesures de répression à l’encontre des personnes considérées comme une menace par le régime, en particulier les minorités religieuses.

Asghar Torabpour : Le retour d’une deuxième figure notoire

Amiri n’est pas la seule figure des jours sombres de la répression à refaire surface dans la province de Fars. À ses côtés, Asghar Torabpour, également connu sous le nom de Haj Majid, un ancien chef de la sécurité qui a joué un rôle central dans la répression brutale des prisonniers politiques et des minorités religieuses au cours des années 1980. Torabpour a joué un rôle clé dans l’exécution des bahá’ís et des dissidents politiques, en particulier lors des exécutions massives de 1988, qui ont coûté la vie à des milliers de prisonniers à travers l’Iran.

Pendant plus de trois décennies, Torabpour a dirigé les prisons de plusieurs provinces, dont Fars, Bushehr, Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad. Les prisonniers de cette époque racontent des récits horribles de tortures subies sous sa garde, notamment dans la tristement célèbre prison Adel Abad de Chiraz. Son nom est devenu synonyme des années les plus sanglantes du régime, et son retour à Fars, même à la retraite, en tant que chef de cabinet du bureau du prix du sang (Diya) de la province, est un rappel glaçant du passé.

Le retour de deux agents d’exécution : Ce que cela signifie pour la province de Fars

La réintégration de Hossein Ali Amiri et le maintien de l’influence d’Asghar Torabpour dans la province de Fars montrent clairement que le régime a l’intention de réaffirmer son emprise autoritaire sur la région. L’association de ces deux personnalités – toutes deux associées à certains des chapitres les plus brutaux de l’histoire de Fars – a suscité l’inquiétude des défenseurs des droits de l’homme et de la population locale.

Amiri, en tant que gouverneur, détient désormais un pouvoir important sur la province, et ses antécédents suggèrent qu’il pourrait à nouveau recourir à la répression pour maintenir son contrôle. L’implication de Torabpour dans la gouvernance locale renforce encore cette inquiétude, les deux hommes ayant démontré leur volonté de recourir à des mesures extrêmes au nom du régime.

Conclusion

Le retour de Hossein Ali Amiri au poste de gouverneur de la province de Fars, ainsi que le maintien d’Asghar Torabpour, rappellent de manière sinistre les tactiques de répression du régime à l’encontre des minorités religieuses et politiques. Ces deux hommes ont laissé un héritage de peur et d’oppression dans la région, et leur réapparition à des postes de pouvoir indique que le régime n’est pas seulement réticent aux réformes, mais qu’il redouble d’ardeur. Pour les habitants de Fars, en particulier les juifs, les bahá’ís et les dissidents politiques, l’avenir est incertain et potentiellement périlleux sous cette nouvelle direction.

Source : INU