CSDHI – Le dimanche 15 décembre, les prisons centrales iraniennes de Yazd et Zahedan sont devenues des sites de violations poignantes des droits humains, puisque 11 personnes, dont 9 prisonniers baloutches, 1 prisonnier kurde et 1 femme, ont été exécutées. Malgré les avertissements répétés des défenseurs des droits de l’homme, ces personnes, condamnées pour des infractions liées à la drogue ou pour meurtre, ont été exécutées en une seule journée.
Les exécutés : Identités et circonstances
Parmi les personnes exécutées figurent Mohammad Ali Kharkouhi, 36 ans, et Reza Kharkouhi, 43 ans, ainsi que trois membres de la famille Totazehi : Abdol Baset, Abdol Nasser et Nematollah Totazehi. Ces personnes, dont beaucoup avaient des familles nombreuses à leur charge, ont été arrêtées et condamnées à mort il y a plusieurs années pour des crimes liés à la drogue. Des rapports locaux indiquent que Reza Kharkouhi est devenu physiquement handicapé en raison d’une négligence médicale en prison et qu’il se déplace en fauteuil roulant depuis quelques années.
Dans la prison de Zahedan, quatre autres prisonniers baloutches ont été pendus. Il s’agit de Mohammad Wazir Rudini, 45 ans, Alireza Golebacheh, 37 ans, Elias Tardast, 22 ans, et Yaqoub Barahui Moghadam. Comme leurs homologues de Yazd, ils étaient également accusés d’infractions liées à la drogue.
Un fardeau disproportionné pour les communautés marginalisées
La communauté baloutche, qui ne représente que 5 à 6 % de la population iranienne, est systématiquement à l’origine d’un nombre disproportionné d’exécutions. Bon nombre des personnes exécutées sont issues de secteurs défavorisés et marginalisés de la société, qui doivent subvenir aux besoins de familles nombreuses dans des conditions économiques désastreuses. Les organisations internationales et les experts en droits humains ont à plusieurs reprises appelé à l’abolition de la peine de mort, en particulier pour les délits liés à la drogue, en invoquant son inefficacité et son caractère inhumain.
Un schéma d’exécutions plus large
Les rapports sur les droits de l’homme révèlent un schéma sinistre : au moins 34 prisonniers ont été exécutés en Iran entre le mercredi 11 décembre et le dimanche 15 décembre. Ces exécutions ont eu lieu dans différentes villes, notamment Arak, Ispahan, Khorramabad, Zahedan, Shiraz, Karaj, Mashhad, Malayer, Miandoab et Yazd.
L’escalade du recours à la peine de mort ne s’est pas limitée aux délits liés à la drogue. Ces dernières semaines, les exécutions de prisonniers politiques, de minorités ethniques et même de ressortissants étrangers se sont multipliées. Plus de 300 personnes ont été exécutées au cours des deux derniers mois seulement, et les autorités continuent de prononcer des condamnations à mort en masse, en violation des droits humains.
Protestations et résistance
Cette vague d’exécutions a suscité de nombreuses protestations, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran. Un acte de résistance notable est la campagne « No Execution Tuesdays », un mouvement de grève de la faim lancé par des prisonniers politiques en janvier 2024. Au 10 décembre, cette campagne était entrée dans sa 46e semaine et couvrait 25 prisons à travers le pays.
Appels au changement
Les exécutions soulignent le besoin urgent d’attention et d’intervention de la part de la communauté internationale. Les défenseurs des droits humains continuent d’insister sur l’importance de réviser les politiques pénales de l’Iran, notamment en ce qui concerne la peine de mort pour les délits non violents. Le ciblage disproportionné des groupes marginalisés et des dissidents politiques met encore plus en évidence les injustices systémiques qui exigent une surveillance mondiale.
Alors que l’Iran persiste à recourir à la peine de mort, la communauté internationale doit amplifier ses appels en faveur de la justice et des droits humains. En l’absence de réformes significatives, le cycle de la répression et de la violence continuera à coûter la vie à ceux qui sont déjà marginalisés et opprimés.



