CSDHI – Une récente enquête du journal officiel iranien Shargh a révélé une augmentation troublante de la dépendance et de la consommation de cigarettes, de marijuana, de haschich et de boissons alcoolisées chez les étudiants iraniens. Cette révélation intervient dans un contexte de manque persistant de transparence de la part des organisations contrôlées par le régime, qui se sont abstenues de publier des statistiques précises sur la dépendance des jeunes et des enfants au cours des huit dernières années.
Inquiétudes croissantes concernant la dépendance chez les jeunes
En mai de cette année, le secrétaire général de la Société iranienne de lutte contre le tabac a confirmé que l’âge du tabagisme avait considérablement diminué dans le pays. Mettant en garde contre l’influence de la « mafia du tabac » qui cible les adolescentes, il a révélé que l’âge de la toxicomanie lourde en Iran avait chuté de manière alarmante à 9 ou 10 ans.
De même, le vice-président du quartier général iranien de lutte contre les stupéfiants a fait référence à une enquête gouvernementale de 2016, qui a révélé que 2,1 % des étudiants iraniens étaient toxicomanes. Toutefois, des rapports émanant d’activistes culturels et d’experts en éducation suggèrent que ce pourcentage a augmenté ces dernières années, ce qui indique une aggravation de la crise.
Des écoles mal préparées pour faire face à la crise
Nastaran Farkheh, journaliste à Shargh, a visité des écoles dans différents quartiers de Téhéran pour enquêter sur cette épidémie croissante. Elle a souligné l’absence de mesures préventives au sein du système éducatif, citant le manque de personnel et l’absence de conseillers scolaires. Selon son article, ces lacunes ont exacerbé la propagation de la consommation de drogues et de la toxicomanie parmi les étudiants iraniens.
Un professeur de littérature de l’enseignement secondaire a fait part de ses observations, notant une augmentation notable de la consommation de marijuana et de cigarettes parmi les étudiants iraniens. Il a déclaré avoir rencontré des signes tels que des yeux rouges et des engourdissements chez les élèves, qui indiquent un abus de substances. Un autre enseignant d’une école secondaire pour filles a décrit la situation comme étant encore plus grave parmi les étudiants plus âgés, déclarant : « Ils ne le cachent même pas à nous, les enseignants. »
Suppression du régime et manque de transparence
Au lieu de mettre en œuvre des mesures pour lutter contre la crise croissante de l’addiction, le régime iranien s’est concentré sur la suppression de l’information et le contrôle des récits. Depuis 2016, les institutions chargées de la sécurité ont interdit la publication de statistiques gouvernementales sur la prévalence de la consommation de drogues. Ce manque de transparence entrave les efforts visant à comprendre et à traiter efficacement la crise.
Dans un article publié en février, le journal Etemad a mis en lumière l’évolution des schémas de dépendance en Iran. Au cours des sept dernières années, la consommation de drogues traditionnelles comme l’opium a diminué, tandis que celle d’héroïne et de méthamphétamine a augmenté, ce qui témoigne d’un changement important dans le paysage de la drogue du pays.
Les enseignants sont les premiers témoins de l’impact
Un enseignant d’une école d’art pour garçons à Téhéran a raconté son expérience, déclarant que ses classes fonctionnent souvent avec moins de la moitié du nombre prévu d’étudiants iraniens. Il a noté que la consommation de marijuana, de cigarettes, de haschisch et d’alcool est ouvertement discutée par les élèves, ce qui met en évidence la normalisation de l’abus de substances.
« Il n’y a pas de conseillers pour s’occuper de ces questions », a-t-il déclaré. « Si les administrateurs de l’école l’apprennent, l’élève est expulsé, ce qui est la pire réponse possible à ce problème. Cette approche punitive ne fait qu’aggraver la situation, laissant les élèves vulnérables sans soutien ni intervention.
Un appel à l’action
L’omniprésence de la toxicomanie chez les jeunes Iraniens est un symptôme flagrant de négligence systémique. L’incapacité du régime à s’attaquer à ce problème – et sa suppression délibérée des informations critiques – ne fait qu’aggraver la crise. Sans une action immédiate et ciblée, l’avenir d’innombrables étudiants iraniens reste gravement menacé.



