Crises structurelles en Iran : Des défis ingérables et un fossé entre le peuple iranien et le régime

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CSDHI – Le défi fondamental entre le peuple iranien et le régime en place tourne autour d’un conflit fondamental entre les besoins et les demandes du peuple iranien et la structure, les politiques et la nature du régime. Cette profonde division n’est pas simplement le résultat de décisions administratives ou de la mise en œuvre de politiques, mais découle de la nature et de la philosophie de la gouvernance – une nature qui se définit par une idéologie autoritaire. Cette idéologie, avec ses conséquences politiques, sociales, économiques et régionales, est dans l’impasse et a échoué.

Le journal gouvernemental « Etemad », dans son édition du 25 décembre 2024, a clairement décrit la rencontre du régime avec une impasse substantielle. Le journal déclare : « L’Iran est aujourd’hui confronté à un ensemble de crises complexes, entrelacées et structurelles. Ces crises nécessitent des changements politiques radicaux, des réformes structurelles dans les systèmes économiques, sociaux et culturels, et une redéfinition des relations autoritaires et de la gouvernance ».

Une façon d’examiner la nature du régime et ses « relations de pouvoir » est d’aligner les événements d’actualité sur l’identité et les performances de cette structure. Par exemple, un pic dans le nombre d’exécutions sur une courte période n’est pas simplement un événement judiciaire mais reflète la stratégie récente du gouvernement pour contrôler une société explosive. Ainsi, au cours des 150 premiers jours de la présidence de Masoud Pezeshkian, 683 exécutions ont eu lieu, soit une moyenne de quatre personnes et demie par jour. Ces chiffres témoignent d’un profond désaccord entre le gouvernement et la majorité du peuple iranien. Malgré la rhétorique suppliante de Pezeshkian, le peuple ne fait plus la distinction entre les différentes factions du régime, car toutes deux soutiennent en fin de compte les cadres structurels qui ignorent les désirs de la majorité.

Les manifestations de mécontentement du peuple iranien se sont transformées en une profonde blessure contre la gouvernance. Cette blessure résulte de l’oppression accumulée, du mépris des droits de l’homme, de la corruption généralisée et de l’inefficacité économique. La répression et les exécutions massives retardent les demandes de justice mais n’ont jamais été en mesure de les arrêter ou d’y mettre fin. Ce processus indique que la guérison des blessures sociales et politiques en Iran a fusionné avec le refus de la gouvernance.

Le défi entre le peuple iranien et la gouvernance n’est pas un conflit qui peut être géré dans le cadre actuel. Par conséquent, les demandes de justice du peuple iranien ne peuvent être satisfaites que par le renversement complet de cette structure. Lorsque les fissures dans le contrôle et la domination du régime clérical atteignent des millions de personnes, cela signifie qu’il n’y a aucun espoir d’une reconstruction radicale de la structure du pouvoir ou de l’établissement d’un système qui représente les désirs et les droits de la majorité. Le journal gouvernemental « Hamdeli », dans son édition du 25 décembre 2024, a reflété la stagnation de tout changement dans la structure du régime.

Le journal écrit : « Les élites académiques, les diplômés universitaires, les lauréats de concours scientifiques locaux et internationaux, les médecins et les infirmières font partie des groupes les plus susceptibles d’émigrer à l’étranger. Les émigrations prennent chaque jour de nouvelles dimensions… Le Financial Times a rapporté de nouvelles informations sur les émigrations iraniennes à l’étranger, indiquant que les Iraniens avaient le taux d’émigration le plus élevé au monde entre 2020 et 2021, avec une augmentation de 141 %. »

Les blessures entre le peuple et la gouvernance sont passées d’une ligne noire discontinue à une ligne rouge continue. Le journal gouvernemental « Jahan Sanat », dans son édition du 25 décembre 2024, a dressé un tableau douloureux des conditions de vie et d’une bombe à retardement sous l’édifice du régime clérical.

Selon le journal : « En 2024, selon les informations officielles, le seuil de pauvreté était fixé à 200 millions de rials, tandis que le salaire mensuel de base des travailleurs était cette année-là de 71,66 millions de rials… Plus de 60 à 70 % de la société se trouvait en dessous du seuil de pauvreté, ce qui constitue une grave alerte dans le pays. »

Cette réalité est une gifle incessante. Une blessure qui ne guérit pas. Un os qui ne se répare pas. Un appel qui n’est pas entendu. Une demande de justice qui ne prend fin qu’avec le renversement complet du régime.