La résolution 166 du Congrès américain renforce les appels à la responsabilité pour les crimes odieux du régime iranien

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CSDHI – La récente adoption de la résolution 166 du Congrès américain (la Chambre des représentants des États-Unis), appuyée par une majorité bipartite importante de 220 députés, marque un moment charnière dans la position de la communauté internationale envers le régime clérical en Iran. Au-delà d’exprimer son soutien aux aspirations du peuple iranien pour une république démocratique, laïque et non nucléaire, la résolution sert de puissant acte d’accusation contre le régime qui a régné pendant quatre décennies sur le règne de la terreur, ses violations systématiques des droits humains, et ses actions déstabilisantes, tant au niveau national qu’international. De manière cruciale, la résolution 166 valide les appels de longue date de la Résistance iranienne et des défenseurs des droits de l’homme à rendre compte des atrocités passées et en cours, en particulier le massacre de prisonniers politiques de 1988.

La résolution ne laisse aucune ambiguïté sur la nature du régime iranien, condamnant sans équivoque son « terrorisme, guerre régionale par procuration, répression interne et autres ». Il souligne que « les événements de l’année écoulée n’ont laissé aucun doute quant au fait que la source du terrorisme et des incitations à la guerre dans la région du Moyen-Orient est la République islamique d’Iran, une organisation théocratique ». Ce langage fort d’une branche clé du gouvernement américain renforce la réalité que le peuple iranien endure depuis plus de 45 ans : un régime construit sur la violence et soutenu par la répression.

Condamnation globale : un régime fondé sur la terreur et la répression

La résolution 166  du congrès américain décrit méticuleusement les activités malignes à multiples facettes du régime iranien. Il note que « la République islamique d’Iran, qui est une théocratie au pouvoir, a agi comme une source de terrorisme et de conflits régionaux au cours des quatre dernières décennies pour assurer sa survie », liant directement son esprit belliqueux à ses efforts pour maintenir le pouvoir. La résolution souligne spécifiquement le rôle du régime dans « l’approvisionnement en armes, missiles et drones de ses mandataires et la prise d’otages contre des navires et le libre-échange en mer Rouge et les forces américaines dans la région », soulignant sa menace directe à la paix et à la sécurité mondiales.

En outre, la résolution aborde les dangereuses ambitions nucléaires du régime, déclarant qu’il « a violé à maintes reprises et de plus en plus ses engagements au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), défié l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) relativement à ses programmes nucléaires, et a élargi son stock d’armes de qualité proche de uranium, un élément nécessaire à la fabrication d’une bombe nucléaire ». Cette condamnation globale souligne le consensus international selon lequel le comportement du régime est inacceptable et pose un grave danger. La Chambre des représentants « condamne sans équivoque l’incitation à la guerre du régime iranien au Moyen-Orient, qui est une source majeure de terrorisme et d’instabilité régionale, et demande qu’il soit mis fin à cette situation ».

Pleins feux sur les atrocités : le crime non oublié du massacre de 1988

Un aspect particulièrement significatif de la résolution 166 est sa référence directe à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire iranienne moderne : le massacre de 1988. La résolution cite le rapport de juillet 2024 du rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme en Iran, qui « a mis en évidence l’exécution de « dizaines de milliers » de prisonniers politiques dans les années 1980 et pendant le massacre de 1988 (jusqu’à 30 000). 

» Il cite en outre le Rapporteur spécial, notant que ces « crimes atroces »… représentent la perpétration des pires et des plus flagrantes violations des droits de l’homme dans notre mémoire vivante, par lesquelles des hauts fonctionnaires de l’État ont connivé, conspiré et participé activement à planifier, ordonner et commettre des crimes contre l’humanité contre les ressortissants de leur propre État. »

De manière cruciale, la résolution reconnaît qu’« une majorité écrasante des prisonniers exécutés étaient membres et sympathisants de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) ». Cette reconnaissance explicite est vitale, car le régime a toujours cherché à nier ou à minimiser cet extermination systématique des opposants politiques. En incorporant ces conclusions, la Chambre des représentants des États-Unis donne son poids à la demande de justice pour les victimes et de responsabilité pour les auteurs, dont beaucoup occupent encore des postes de pouvoir en Iran.

Brutalité continue et ciblage de la dissidence

La résolution 166 indique clairement que la brutalité du régime ne se limite pas au passé. Il note que « durant les quatre premiers mois de la présidence de Masoud Pezeshkian, plus de 500 prisonniers, dont des prisonniers politiques et au moins 17 femmes, ont été exécutés, certains publiquement ». Cette triste statistique dissipe toute illusion selon laquelle des changements cosmétiques dans la présidence du régime signalent un virage vers la modération. La résolution condamne également les minorités ethniques et religieuses « qui ont été arbitrairement et brutalement réprimées ».

De plus, la résolution 166 met en lumière la persécution incessante du régime contre son opposition organisée, même au-delà des frontières iraniennes. Elle indique que « en 2023, le régime iranien a entamé des procès fictifs par contumace de quelque 104 membres vétérans de l’opposition iranienne, qui sont principalement basés en Europe, notamment en France et en Albanie, pour justifier des complots terroristes contre eux, et continue à cibler les dissidents iraniens à l’étranger. 

Cela souligne la crainte profonde du régime de la résistance organisée et sa détermination à faire taire les voix dissidentes par tous les moyens nécessaires.

Appel à la responsabilisation et à la protection des témoins dans le camp d’Ashraf 3

En réponse à ce catalogue de crimes, la résolution 166 « demande que le régime iranien et ses dirigeants soient tenus responsables de leurs crimes par l’imposition continue de sanctions ». Cet appel à la responsabilité est directement lié à la protection de ceux qui peuvent témoigner de ces crimes. La résolution met particulièrement l’accent sur les résidents d’Ashraf 3 en Albanie, en notant que « plus de 900 femmes et hommes d’Ashraf 3 en Albanie sont d’anciens prisonniers politiques qui ont été témoins des crimes commis par le régime iranien, et beaucoup d’entre eux sont témoins du massacre de 1988 et d’autres assassinats politiques en Iran, qui doivent être pleinement protégés pour les témoignages potentiels devant les tribunaux internationaux enquêtant sur les meurtres en Iran. »

La résolution appelle explicitement le gouvernement des États-Unis, en coopération avec notre allié l’Albanie, assurer la protection complète des réfugiés politiques iraniens à Ashraf 3 en Albanie contre les efforts continus du régime iranien pour cibler les dissidents à l’étranger et pour qu’ils bénéficient de tous les droits stipulés dans la Convention de Genève de 1951 et la Convention européenne sur l’humanité Droits ». Il s’agit d’une demande essentielle, compte tenu du rôle inestimable que jouent ces survivants dans la poursuite de la justice et de la menace permanente qu’ils font face du régime iranien.

La voie à suivre : rejeter toute dictature, adopter une alternative démocratique

La résolution indique que le peuple iranien « s’oppose à toute forme de régime autoritaire, rejette la dictature monarchique et la tyrannie religieuse, comme en témoignent ses slogans de protestation ». Cela fait écho au message cohérent des soulèvements nationaux en Iran, où les citoyens ont clairement exprimé leur désir d’un changement fondamental, et non pas d’une simple réorganisation des dictateurs.

De manière cruciale, la résolution 166 pointe vers un avenir démocratique viable en appelant à « appuyer l’opposition iranienne et le Plan en dix points pour l’avenir de l’Iran, qui s’aligne sur les valeurs démocratiques et assure une république démocratique, laïque, pacifique et non nucléaire pour l’avenir de l’Iran ». Ce plan en dix points, présenté par Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), plaide pour le suffrage universel, les élections libres, la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des sexes et un Iran non nucléaire. Le large soutien international à ce plan, y compris de « plus de 4 000 parlementaires dans le monde… et plus de 130 anciens dirigeants mondiaux et 80 lauréats du prix Nobel », signifie sa crédibilité en tant que modèle pour un Iran libre.

La résolution 166 de la Chambre des représentants des États-Unis est une étape importante. Il condamne non seulement les crimes commis par le régime iranien, mais reconnaît également la légitimité de la lutte du peuple iranien pour la liberté et la démocratie, ainsi que l’importance de tenir responsables les auteurs d’atrocités de masse comme le massacre de 1988.

Source : Iran Focus