Le parlement iranien adopte une loi répressive ciblant la dissidence, les manifestations et les grèves

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CSDHI – La nouvelle loi du parlement iranien sur les espions vise à faire taire l’opposition et le journalisme indépendant.

Dans une escalade majeure de la répression intérieure, le parlement iranien a adopté une nouvelle loi radicale qui impose des sanctions sévères—y compris la peine de mort — pour toute forme de collaboration ou d’espionnage présumé impliquant Israël, les États-Unis ou d’autres soi-disant « États hostiles ». Approuvé début juillet 2025, la législation classe ces actions comme « corruption sur Terre » (efsad fel-arz), une accusation passible d’exécution en vertu du Code pénal islamique.

La loi criminalise un large éventail d’activités, y compris la coopération militaire ou cybernétique, la fourniture de drones, le sabotage, la réception de fonds provenant de sources étrangères, et même la publication ou le partage de contenu jugé préjudiciable à « la sécurité nationale ». La coopération des médias, les reportages indépendants et la participation à des manifestations non autorisées peuvent entraîner une peine d’emprisonnement allant de 2 à 15 ans. L’utilisation ou la promotion de technologies Internet étrangères—telles que Starlink — est désormais passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison.

De manière alarmante, la loi est rétroactive, violant l’article 169 de la propre constitution iranienne, qui interdit l’application des lois ex post facto. Il élargit considérablement les directives précédentes en matière de condamnation et, pour la première fois, déclare officiellement les États-Unis comme un « gouvernement hostile ». Les observateurs avertissent que cette loi sera utilisée pour légitimer des répressions généralisées, en particulier face à la montée des manifestations et au mécontentement croissant de l’opinion publique dans le pays.

Un projet de loi né de la peur : supprimer la vérité et le soulèvement

Selon les dispositions du projet de loi du parlement iranien, l’utilisation des technologies modernes de communication, telles que Starlink, est maintenant complètement interdite. L’article 2 du projet de loi stipule que toute personne qui s’engage sciemment dans des actions militaires, économiques, financières ou technologiques qui soutiennent ou renforcent le régime israélien sera accusée de « corruption sur Terre » (efsad fel-arz)—un crime passible des peines les plus sévères en vertu du Code pénal islamique iranien.

La loi va encore plus loin. La collaboration politique, culturelle ou médiatique—ainsi que la publication de toute nouvelle ou contenu qui « répand la peur du public, cause la division ou nuit à la sécurité nationale »—peut entraîner de lourdes peines de prison (peine discrétionnaire de niveau 3) et la disqualification permanente des emplois publics et gouvernementaux, même si l’infraction n’atteint pas le seuil d’efsad fel-arz.

L’Iran intensifie la répression avec un nouveau projet de loi du parlement iranien interdisant Starlink et la collaboration étrangère
De plus, l’envoi de vidéos ou d’images à des médias étrangers ou soi-disant « hostiles » —actes que le régime prétend porter atteinte au moral du public ou à la sécurité nationale — est maintenant criminalisé. De tels actes sont passibles d’une peine de prison de grade 5 et d’une exclusion permanente des services gouvernementaux. La participation à des manifestations ou rassemblements « illégaux » en temps de guerre est également considérée comme un crime, les contrevenants étant passibles d’une peine d’emprisonnement de niveau 4.

Ces nouvelles décisions du parlement iranien font partie d’une campagne plus large et plus agressive pour réprimer la dissidence en Iran. Sous prétexte de « espionnage » ou de « collaboration avec des ennemis », le régime vise à faire taire toutes les voix indépendantes et à restreindre la libre circulation de l’information. L’objectif principal de ces lois est de créer une atmosphère de peur, d’empêcher les manifestations, la croissance des réseaux médiatiques indépendants et l’exposition des crimes du régime et de la corruption systémique.

Cette nouvelle vague de répression reflète clairement la peur croissante du régime face à la résistance organisée et aux mouvements de protestation croissants en réponse à l’aggravation des crises politiques et économiques en Iran.

Conclusion

Le 25 juin 2025, le parlement iranien a approuvé un projet de loi controversé visant à suspendre la plupart des activités de coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le projet de loi limite à la fois les garanties et les mesures de transparence volontaires, telles que les inspections de routine et les installations de caméras de surveillance, sauf autorisation explicite du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran. La législation impose également des sanctions aux personnes qui autorisent les inspecteurs de l’AIEA à entrer dans le pays sans autorisation de sécurité.

Cette décision fait suite à des années de relations tendues entre le régime iranien et l’AIEA, remontant au début des années 2000 lorsque des sites nucléaires secrets ont été révélés. Bien que l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) ait temporairement amélioré la coopération, l’Iran n’a toujours pas respecté ses obligations. Après le retrait des États-Unis du JCPOA en 2018, l’Iran a commencé à réduire ses engagements et à limiter l’accès pour les inspecteurs.

Dans des rapports récents, l’AIEA a exprimé de sérieuses préoccupations face au refus de l’Iran d’expliquer les traces nucléaires trouvées sur des sites non déclarés et à son refus de fournir du matériel de surveillance dans des installations sensibles. Le nouveau projet de loi est considéré comme une autre étape vers la diminution de la transparence et pourrait ouvrir la porte à une pression internationale renouvelée, y compris un éventuel renvoi au Conseil de sécurité des Nations unies. Les gouvernements occidentaux, y compris la France, ont déjà exhorté Téhéran à reprendre une coopération totale avec l’AIEA.

En vertu de la nouvelle loi, les personnes accusées d’actions qui soutiennent ou renforcent Israël — que ce soit sur le plan militaire, économique ou technologique—peuvent être inculpées de « corruption sur Terre », un crime passible de lourdes peines en vertu du Code pénal islamique iranien.