Condamnation à mort du prisonnier politique Rezgar Beigzadeh Babamiri

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CSDHI – La condamnation à mort du prisonnier politique Rezgar Beigzadeh Babamiri a déclenché un tollé contre l’utilisation de la justice iranienne pour réprimer la dissidence.

La justice iranienne a condamné à mort Rezgar Beigzadeh Babamiri, un prisonnier politique kurde—une décision prise par sa famille et des groupes de défense des droits humains illustre le recours croissant de l’État à la peine capitale pour faire taire la résistance civile.

Zhina Babamiri, la fille du prisonnier, a rendu publique la sentence dans un post sur X (anciennement Twitter), en déclarant simplement et douloureusement : « Mon père a été condamné à mort. » Les accusations portées contre lui, a-t-elle écrit, découlent en grande partie d’allégations selon lesquelles il aurait fourni des médicaments à des manifestants blessés lors des manifestations nationales de 2022. Ses seules actions prouvées semblent être l’aide humanitaire anonyme et l’achat d’un appareil Internet par satellite Starlink pour un usage personnel—ni la violence ni une activité armée.

Une affaire construite sur des terrains minces

Rezgar Beigzadeh Babamiri est détenu à la prison centrale d’Urmia depuis plus de deux ans. Son cas comprend plusieurs accusations graves couramment utilisées contre les dissidents politiques en Iran. Bien qu’une peine de prison de 15 ans ait été récemment prononcée pour une partie des charges retenues contre lui, une affaire distincte a été ouverte sous l’accusation de baghi (rébellion armée) —un crime capital en vertu du droit iranien.

Malgré la gravité de l’accusation, aucune preuve n’a été apportée reliant le prisonnier politique Rezgar Beigzadeh Babamiri à une activité armée. Les observateurs des droits de l’homme rapportent que la procédure judiciaire a été profondément viciée : le prisonnier se serait vu refuser l’accès à un avocat de son choix, aurait été soumis à la torture et jugé lors d’audiences à huis clos qui n’ont pas respecté les normes internationales en matière de procès équitables.

Une liste d’accusations

L’acte d’accusation contre Rezgar Beigzadeh Babamiri est vaste. Il comprend des accusations de :

  • Moharebeh (faire la guerre contre Dieu)
  • Baghi (rébellion armée)
  • Rassemblement et collusion contre la sécurité nationale
  • Financement du terrorisme
  • Espionnage
  • Propagande contre le régime
  • Détention illégale d’armes
  • Utilisation d’équipements de communication non autorisés (par ex. Starlink)
  • Adhésion à des organisations illégales

Malgré l’ampleur de ces accusations, son équipe juridique affirme qu’aucune preuve crédible n’a été présentée pour les étayer.

Protester contre la faim

Pour protester contre ce qu’il a décrit comme un processus opaque et injuste, Rezgar Beigzadeh Babamiri a entamé une grève de la faim le 7 février 2025. Son état physique s’est rapidement détérioré, ajoutant de l’urgence aux appels à intervention lancés par sa famille et les défenseurs des droits humains.

Le cas du prisonnier politique, Rezgar Beigzadeh Babamiri, reflète une tendance plus large dans les pratiques judiciaires de l’Iran, où les lois destinées à la sécurité nationale sont instrumentalisées pour criminaliser la dissidence et les actes humanitaires. De telles procédures sont conçues non pas pour faire respecter la justice mais pour instiller la peur et réprimer la participation civique.