CSDHI – Dix-huit jours après l’attaque israélienne contre la prison d’Evine, qui a entraîné le transfert des prisonniers politiques hommes et femmes vers la prison du Grand Téhéran et la prison de Qarchak Varamin, les rapports continuent de décrire les conditions insupportables et inhumaines qui règnent dans ces établissements. Malgré les protestations des prisonniers politiques, leur situation désastreuse reste sans réponse.
Les prisonniers politiques transférés vers les prisons du régime iranien, celles du Grand Téhéran et de Qarchak sont détenus dans des conditions extrêmement dures et dégradantes.
Ils font état d’une surpopulation importante dans leurs blocs cellulaires, d’une eau salée imbuvable, d’une chaleur insupportable, d’un manque de fournitures de base et de médicaments, ainsi que de mauvaises conditions sanitaires et de ventilation.
À la suite de l’attaque israélienne contre la prison d’Evine à Téhéran le 23 juin, les prisonniers politiques, hommes et femmes, ont été transférés de force vers les prisons du Grand Téhéran et de Qarchak.
Auparavant, les prisonniers politiques d’Evine avaient appelé les responsables du régime iranien, notamment les autorités pénitentiaires, les responsables judiciaires et l’Organisation des prisons, à accorder des permissions ou des ordres de libération en temps de guerre, comme le permet la loi. Selon les médias d’État, au moins 80 personnes ont été tuées lors de l’attaque israélienne contre la prison d’Evin.
Grand Téhéran : un véritable enfer
Certains détenus ont comparé le quartier 2 de la prison du Grand Téhéran à une « cage à chiens » et à un « véritable enfer », décrivant des cellules surpeuplées accueillant entre 36 et 40 personnes, sans ventilation, les laissant accablés par la chaleur extrême.
Ils affirment que l’eau potable est salée et imbuvable, que les douches sont insalubres et que, malgré des protestations répétées, aucune amélioration n’a été apportée.
Ali Younesi, un étudiant emprisonné, est détenu dans un quartier de sécurité nouvellement créé à la prison du Grand Téhéran, géré par le ministère du Renseignement. Il fait partie des prisonniers politiques affiliés à l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI).
Selon certaines informations, Ahmadreza Djalali, chercheur irano-suédois et prisonnier politique condamné à mort, serait également détenu dans un quartier de sécurité contrôlé par le ministère du Renseignement, isolé des autres détenus. Il s’est vu refuser tout contact téléphonique avec sa famille sur ordre de ce service de renseignement.
Les femmes emprisonnées privées des nécessités de base à la prison de Qarchak
Des informations provenant de la prison pour femmes de Qarchak à Varamin décrivent une chaleur insupportable, des systèmes d’égouts défectueux, un manque de ventilation adéquate et l’absence de machines à laver. Le système de gaz de cuisine dangereux et non conforme aux normes est devenu une préoccupation majeure pour les détenues.
Les prisonnières se plaignent de restrictions sévères concernant l’accès au magasin de la prison, à la salle de sport et à d’autres espaces communs. Elles affirment être obligées de laver leurs vêtements dans des casseroles et qu’un seul climatiseur a été installé dans le quartier de quarantaine.
Depuis plus de deux semaines, les autorités pénitentiaires les maintiennent en quarantaine afin d’empêcher tout contact avec les autres détenues, les privant ainsi des installations de base.
Plus de 1 200 femmes sont détenues à la prison de Qarchak pour diverses infractions, dont 70 prisonnières politiques. Certaines de ces femmes sont incarcérées avec leurs enfants et subissent des privations, des restrictions et des difficultés généralisées.
Le quotidien officiel Ham-Mihan rend compte des conditions de détention déplorables des prisonniers
Le quotidien officiel Ham-Mihan a rapporté jeudi 10 juillet que les conditions de détention des prisonniers politiques transférés vers les prisons du Grand Téhéran et de Qarchak après l’attaque israélienne du 23 juin contre la prison d’Evin sont déplorables.
Le rapport note que les familles des prisonniers politiques et financiers transférés à la prison du Grand Téhéran ont exprimé leur inquiétude face à leurs nouvelles conditions de détention, en particulier le fait de dormir à même le sol, le manque d’hygiène et les perturbations dans les communications téléphoniques.
L’article, qui souligne l’angoisse permanente des familles qui se rendent à la prison pour voir leurs proches, cite la mère d’un détenu qui affirme que les conditions de détention des prisonniers transférés d’Evin au Grand Téhéran restent inchangées.
La mère a déclaré : « Mon fils est mécontent des conditions de détention. Il entend encore le bruit des bombes dans ses oreilles, n’a pas vu de psychologue en personne et trouve l’air dans les chambres insupportable. »
Mostafa Nili, avocat de la défense, a déclaré que ces prisons manquaient d’eau potable et qu’il était impossible de vivre dans des conditions humaines dans de telles conditions. Il a ajouté : « La situation dans les prisons du Grand Téhéran et de Qarchak n’est pas facile à résoudre, et cela serait coûteux et probablement inefficace. »
Une source bien informée a déclaré à Ham-Mihan que « la situation est si grave qu’une détenue enceinte doit dormir sur le lit supérieur d’un lit à trois niveaux. Aujourd’hui, 59 femmes de la section féminine d’Evin sont en quarantaine à Qarchak. »
Selon les détenues, le quartier compte six petites pièces sans ventilation adéquate, avec un espace insuffisant et sans cuisine. Dans certains cas, des eaux usées se sont infiltrées dans les chambres des détenues.
Ham-Mihan a également mentionné d’autres problèmes rencontrés par les femmes, tels que des systèmes de climatisation défectueux, une chaleur extrême, une nourriture de mauvaise qualité et un accès insuffisant aux médicaments. Citant une détenue, désignée sous le nom de « N », le journal a écrit : « C’est une mort lente. Nous aurions préféré planter nos tentes à Evine plutôt que d’être transférées ici. »
Source : Iran Focus



