CSDHI – Les déclarations de Khamenei et d’anciens responsables du régime révèlent une profonde inquiétude face au rôle croissant des réseaux de résistance et de la dissidence publique dans l’accélération de la chute du régime iranien.
Alors que le régime théocratique iranien est confronté à l’une des crises les plus graves de son histoire, qui touche les domaines économique, politique et social, ses hauts responsables font des aveux rares qui révèlent une crainte croissante de l’effondrement. Les récentes déclarations de Mohammad-Taqi Taqavi, ancien chef du Conseil politique des chefs de la prière du vendredi, et du guide suprême Ali Khamenei lui-même, suggèrent que l’élite dirigeante de Téhéran considère de plus en plus la menace d’un renversement non pas comme un complot étranger, mais comme le résultat d’une résistance interne organisée.
Le 18 juillet, Taqavi a déclaré ouvertement :
« Ils ont calculé qu’en s’attaquant aux personnalités du régime, le système s’affaiblirait, puis les cellules infiltrées du de l’OMPI et les voyous prendraient le contrôle de la scène, et finalement, le peuple mécontent renverserait le régime. »
Cette remarque frappante reflète un changement radical dans le discours. Les manifestations de masse ne sont plus simplement considérées comme des événements spontanés ou fomentés par l’étranger. Au contraire, le régime reconnaît désormais l’existence d’une infrastructure interne de dissidence, en particulier les unités de résistance de l’OMPI, comme une force décisive dans la déstabilisation actuelle de la République islamique.
Taqavi a ajouté : « Lorsqu’ils s’en prennent aux personnalités, le système s’affaiblit. »
Cette remarque semble faire référence à la récente exposition publique et aux critiques à l’encontre de figures clés du régime telles que Mohammad Bagher Ghalibaf, Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i et le président du régime Masoud Pezeshkian, des initiés au cœur de l’appareil du pouvoir iranien. Le fait que des personnalités aussi éminentes soient désormais critiquées au sein même du réseau de propagande du régime met en évidence des fissures internes croissantes.
Plus significatif encore, Taqavi a décrit les unités de résistance de l’OMPI comme des « cellules d’infiltration » qui commencent à « commander sur le terrain » dès que les fondations du régime sont affaiblies. Cette terminologie suggère que le régime perçoit les manifestations et les troubles actuels non pas comme des éclats de colère isolés, mais comme des étapes stratégiquement guidées dans le cadre d’un plan révolutionnaire plus large.
L’écho de la peur de Khamenei
Lors d’une réunion avec des responsables judiciaires le 16 juillet, Khamenei lui-même a exprimé des inquiétudes similaires :
« C’était quelque chose qu’ils avaient planifié… lorsque nous sommes attaqués, nos centres sensibles sont touchés et le système s’affaiblit, c’est alors que les cellules dormantes de l’OMPI, des monarchistes, des mercenaires et des voyous s’activent. »
Il a poursuivi :
« Ils ont pensé que ceux qui étaient payés en dollars pour brûler les voitures de leurs compatriotes deviendraient actifs… lorsque le système est affaibli, ils entrent dans la société et incitent le peuple… au final, ils « achèvent le régime ».
Ces propos, tenus par la plus haute autorité du régime iranien, indiquent plus qu’une préoccupation sécuritaire : ils constituent un aveu. Ils marquent une reconnaissance à contrecœur de l’efficacité de l’opposition, en particulier de sa capacité à tirer parti de la faiblesse du régime et du mécontentement social pour mobiliser la rébellion.
Le tournant : la résistance comme principale menace
Pendant des années, Téhéran a détourné la responsabilité des troubles intérieurs en accusant des « ennemis » étrangers ou le sabotage économique. Pourtant, ces derniers commentaires, tant de Khamenei que de Taqavi, indiquent un changement fondamental. En désignant l’OMPI et ses unités de résistance comme la menace principale, le régime reconnaît tacitement une nouvelle réalité politique : la menace qui pèse sur sa survie se trouve désormais en Iran, et non plus au-delà de ses frontières.
De plus, les références au « commandement sur le terrain », à l’« activation » et à l’« infiltration » illustrent une nouvelle préoccupation concernant la coordination entre les groupes de résistance organisés et le grand public. Le régime ne considère plus les manifestations comme accidentelles ou chaotiques, mais comme les fronts potentiels d’un mouvement orchestré capable de renverser le régime iranien.
Un régime entrant dans sa phase finale ?
Le ton effrayé de ces aveux suggère que le régime se considère comme entrant dans une phase terminale. Ne pouvant plus rejeter ses détracteurs comme étant isolés ou inefficaces, il est désormais confronté au spectre d’un front uni, qui relie une opposition organisée de longue date à une indignation publique généralisée.
L’évolution de cette rhétorique, du déni et de la répression à une reconnaissance réticente, signale une perte de contrôle au cœur du système. Plutôt que de projeter une image de force, la reconnaissance publique par le régime des menaces internes témoigne d’une instabilité croissante et d’un désespoir grandissant.
Dans ce contexte, la vague de protestations qui se poursuit – de décembre 2017 à novembre 2019, puis de septembre 2022 au printemps 2025 – n’apparaît pas comme une série de soulèvements isolés, mais comme un continuum de révolte, façonné et renforcé par un leadership organisé et une demande publique incessante de changement de régime.
Ces failles dans le discours officiel – et la peur qu’elles révèlent – pourraient bien être les premiers signes manifestes d’un régime au bord du gouffre.



