CSDHI – Au moins 1 438 exécutions enregistrées depuis août 2024, soit le taux le plus élevé depuis trois décennies.
21 juillet 2025
Dans le cadre d’une escalade sinistre du recours à la peine capitale par le régime iranien, au moins 25 personnes ont été exécutées à travers le pays entre le 8 et le 20 juillet, selon des sources humanitaires. Les dernières exécutions ont eu lieu le dimanche 20 juillet, lorsque trois prisonniers baloutches ont été pendus à la prison de Zahedan : Dariush Shahbakhsh (24 ans), Abdoljilil Darkzehi (35 ans) et Ne’matollah Shahnawazi.
Cette vague d’exécutions sanctionnées par l’État s’inscrit dans une tendance à la hausse qui s’est intensifiée sous la présidence de Masoud Pezeshkian. Les exécutions couvrent une vaste zone géographique, reflétant ce que les observateurs décrivent comme une politique systématique de répression.
19 juillet : six exécutions en une seule journée
Le samedi 19 juillet, six autres prisonniers ont été exécutés dans différentes prisons à travers l’Iran :
Mohammad Ahmadkhani et Parviz Sarlak à Aligudarz
Mohammad et Alireza Eshterak, ainsi qu’un prisonnier non identifié, à Gorgan
Davoud Amani à Zanjan
16 juillet : exécutions coordonnées dans trois provinces
Six autres prisonniers ont été exécutés le mercredi 16 juillet :
À la prison de Lakan, à Rasht : Peyman Afshar (43 ans), Hadi Garrousi (28 ans) et Mehdi Babaei (31 ans)
À la prison de Choobindar, à Qazvin : Mowlan Abdolazizkhani (31 ans) et Vahhab Heydari (29 ans)
À la prison centrale de Karaj : Abbas Zare’
Autres exécutions à travers le pays
14 juillet : Mohammad-Javad Kazemi à Arak, Kianoush Khosravi Siah-Bidi à Kermanshah et Ghasem Azizi à Birjand
13 juillet : Cinq hommes exécutés — Alimirza Bahrami (32 ans), Jalal Nazarbeigi (33 ans) et Hamid Yavari à Hamedan ; Sagvand Mosayyeb à Khorramabad ; et Abbasali Jahangardi à Sari
9 juillet : Morad-Hassan Mansouri à Malayer
8 juillet : Yousef Parsa et un prisonnier non identifié à Qazvin
Une étape brutale sous le mandat de Pezeshkian
Depuis l’entrée en fonction de Masoud Pezeshkian en août 2024, l’Iran a procédé à au moins 1 438 exécutions, le nombre le plus élevé enregistré en plus de trente ans. Cette recrudescence continue a suscité une condamnation généralisée de la part des organisations internationales de défense des droits humains, qui avertissent que le régime utilise les exécutions comme un outil de peur et de contrôle dans un contexte d’instabilité interne croissante.
Même pendant le mois sacré de Muharram, traditionnellement une période de deuil et de retenue, les autorités iraniennes ont poursuivi sans relâche leurs exécutions massives. Selon les analystes, cela témoigne du désespoir croissant du régime face à la montée de la dissidence intérieure et à l’isolement international.
L’exécution comme politique d’État
L’appareil d’exécution est depuis longtemps l’un des piliers du pouvoir du guide suprême Ali Khamenei. Mais son ampleur actuelle souligne le recours croissant du régime à la répression meurtrière pour faire taire l’opposition et intimider la population. À mesure que les crises économiques et politiques s’aggravent en Iran, le recours à la potence s’intensifie.
Cette tendance alarmante suggère que le régime ne cherche plus à asseoir sa légitimité, mais à survivre par la coercition pure et simple.



