
Saïd Malekpour est emprisonné par l’Iran sur la base d’une condamnation illégitime pour un acte imaginaire.
Dans le cadre de la semaine de la responsabilité de l’Iran, le National Post, en partenariat avec des parlementaires canadiens pour faire la lumière sur le sort de prisonniers politiques, persécutés par le régime théocratique de Téhéran.
NATIONAL POST (Canada), 15 mai 2014 – En septembre dernier, j’ai rejoint de nombreux Canadiens pour célébrer la nouvelle de la libération de Hamid Ghassemi -Shall de la tristement célèbre prison d’Evine en Iran.
Hamid avait passé cinq ans en prison après avoir été arrêté sur des accusations d’espionnage et condamné à mort en 2009. Il aurait été maltraité en prison et bien qu’il soit un citoyen canadien, il n’a pas eu le droit à des visites consulaires par les responsables canadiens. Son exécution avait été considérée comme imminente.
La liberté de Hamid est le résultat d’une campagne concertée de militantisme de sa femme, Antonella, ses amis et ses voisins, et de groupes de défense des droits de l’homme comme Amnesty International.
Ils ont travaillé dur et longtemps pour garantir le retour sécurisé de Hamid. Ils ont fait pression sur des fonctionnaires canadiens et internationaux appelant à sa libération. Ils n’ont jamais perdu espoir.
La libération de Hamid Ghassemi -Shall a été une victoire rare et tardive pour les droits de l’homme en Iran. Pourtant beaucoup de personnes restent derrière les barreaux en Iran sur des accusations illégitimes et non fondées.
Parmi eux, Saïd Malekpour, résident permanent au Canada.
En 2008, Saïd est allé rendre visite à son père malade, en phase terminale en Iran. Une fois au pays, il a été accusé de blasphème, aurait été torturé en détention pour obtenir des aveux et condamné à mort.
La criminalisation du blasphème est contraire à la liberté d’expression, de conscience et de religion. Elle n’a aucune place dans une société contemporaine. L’existence continue de cette infraction artificielle et sa répression est un obstacle, parmi malheureusement beaucoup d’autres, à l’intégration et l’acceptation de l’Iran dans la communauté internationale.
Qui plus est, le crime supposé de Saïd n’était même pas de son fait. Le logiciel qu’il a développé a été utilisé par des auteurs pornographiques ; la police iranienne aurait pu aussi bien accuser d’autres personnes responsables de la fabrication de l’ordinateur, des systèmes d’exploitation modernes ou d’Internet.
La condamnation de Saïd est basée sur une accusation illégitime portant sur un crime imaginaire. Rien ne justifie cette farce rétrograde d’une procédure judiciaire. Tant que Saïd et des gens comme lui sont toujours emprisonnés en Iran, les Canadiens continueront de tenir le gouvernement iranien pour responsable de ces transgressions déplorables et de ces violations des droits de l’homme.
Nous ne devons jamais oublier que cette pression peut avoir un impact. Tout comme le militantisme national et international a contribué à la libération de Hamid Ghassemi -Shall , l’attention politique et médiatique axée sur le cas de Saïd a obligé les autorités iraniennes à commuer sa peine de mort à la prison à vie. Lentement mais sûrement, le gouvernement de l’Iran entend et répond au chorus de condamnation de la communauté internationale – et de l’intérieur de l’Iran.
Le peuple iranien l’a dit clairement, d’abord dans les manifestations de 2009, puis dans les urnes en 2013, que la répression que poursuit le régime en place ne sera pas tolérée. On a donné au Président Rohani un mandat pour changer de cap. On ne lui donnera pas de seconde chance.
En juin dernier, j’étais fier de recevoir l’appui unanime de tous les partis de la Chambre des Communes pour ma motion commémorant le massacre de milliers de prisonniers politiques en Iran en 1988. L’adoption avec succès de ma motion a fait du Canada le premier pays au monde à reconnaître officiellement cette atrocité de masse comme un crime contre l’humanité.
Pourtant, un quart de siècle plus tard, des violations inacceptables continuent d’être commises en Iran. Des Iraniens sont encore emprisonnés, maltraités et exécutés pour leurs croyances, leurs identités et leurs orientations. Et malgré le peu de progrès que l’on a vu sur certaines questions et cas spécifiques, les Iraniens ne peuvent toujours pas exercer leurs libertés démocratiques et jouir de leurs droits humains en vertu du droit international.
Ces victimes de l’intolérance et de l’oppression ne sont pas les seules. Les Canadiens se tiennent aux côtés du peuple d’Iran dans leurs aspirations pour la démocratie et la primauté d’une loi juste. Nous continuerons à nous battre à ses côtés et à parler pour lui quand sa voix est injustement réduite au silence. Notre solidarité est fondée non pas sur une politique ou une idéologie partagée, mais sur notre humanité commune.
Nous n’abandonnerons pas tant que Saïd et tous les prisonniers politiques en Iran ne pourront pas rentrer chez eux.
Paul Dewar est député d’Ottawa-Centre du Nouveau Parti démocrate



