Deux années de détention dans une totale incertitude pour Ruhollah Khosravi

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CSDHI – Ruhollah Khosravi, prisonnier politique détenu à la prison de Dezful, subit de graves violations de ses droits humains : aucune procédure judiciaire, une caution exorbitante fixée à 60 milliards de tomans, et un isolement prolongé. Son cas illustre une détention arbitraire qui appelle à une mobilisation internationale.

Un prisonnier politique sans procès depuis plus de deux ans

Société Iranienne des Droits Humains, jeudi 4 septembre 2025 – Ruhollah Khosravi, originaire d’Izeh, est incarcéré depuis plus de deux ans à la prison de Dezful sans jamais avoir comparu devant un tribunal. Arrêté en septembre 2023 lors d’une répression violente dans la province du Khouzistan, il demeure détenu dans une totale insécurité juridique. Les autorités ont fixé une caution astronomique de 60 milliards de tomans, inatteignable pour sa famille issue de la classe ouvrière, assurant ainsi le maintien de son incarcération.

Un proche de sa famille confie : « Ruhollah Khosravi est menacé de fausses accusations, sans aucune procédure judiciaire. » Les retards délibérés de la justice le maintiennent dans un état de suspension destiné à briser la résistance des prisonniers politiques. Cette absence de procès équitable reflète la politique répressive des autorités iraniennes.

Arrestation dans un contexte de répression meurtrière à Izeh

L’arrestation de Ruhollah Khosravi coïncide avec la mort de deux jeunes manifestants, Kamar Tahmasebi et Mehdi Almasi, tués par les forces de sécurité dans le Khouzistan. Le 16 novembre 2022, l’enfant de 9 ans Kian Pirfalak et plusieurs autres civils avaient également été tués dans des violences similaires à Izeh. Les autorités avaient tenté d’en imputer la responsabilité à des jeunes locaux, suscitant l’indignation publique. La détention de M. Khosravi apparaît directement liée à cette répression visant à museler la contestation et intimider les familles de victimes.

Conditions de détention et transferts forcés

Depuis son arrestation, Ruhollah Khosravi a subi de multiples transferts entre centres de détention. En novembre 2024, il fut déplacé à la prison de Sepidar (Ahvaz), puis placé à l’isolement en février 2025. Ces transferts répétés accentuent la pression physique et psychologique. Privé de l’avocat de son choix, il se trouve isolé de sa famille et privé de soutien juridique.

Quatre mois d’isolement total

Depuis juin 2025, sa famille est privée de tout contact avec lui. Son épouse, ses deux jeunes enfants et sa mère âgée n’ont aucune information sur son état ni sur son lieu de détention. Le refus de visites, en violation des propres lois iraniennes et des standards internationaux, ajoute à leur détresse et illustre la cruauté des autorités.

Une caution exorbitante, une famille brisée

La justice iranienne a fixé à 60 milliards de tomans le montant de sa libération provisoire – une somme irréalisable pour sa famille ouvrière. Soutien unique de son foyer, Ruhollah Khosravi assurait la subsistance de ses enfants et de sa mère âgée. Son emprisonnement a plongé les siens dans une double épreuve : précarité économique et souffrance psychologique.

La prison de Dezful, symbole de répression

La prison de Dezful est tristement connue pour ses conditions insalubres, son absence de soins médicaux et les pressions psychologiques exercées sur les détenus. Pour les prisonniers politiques, ces pratiques visent à briser leur volonté. De nombreux témoignages indiquent que cette prison est utilisée comme un instrument de répression contre les opposants et les militants.

Violations flagrantes des droits humains

Le cas de Ruhollah Khosravi illustre plusieurs violations des normes internationales :

  • Détention arbitraire – en violation de l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

  • Absence de procès équitable – en contradiction avec l’article 14 du PIDCP.

  • Inégalité devant la justice – violant l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH).

  • Traitements cruels et isolement forcé – contraires à l’article 7 du PIDCP.

  • Atteinte au droit à la vie familiale – violant l’article 12 de la DUDH.

Ces violations révèlent le mépris des autorités iraniennes pour leurs obligations internationales.

Appel urgent à l’action internationale

La détention prolongée de Ruhollah Khosravi menace gravement sa santé physique et psychologique. Son cas illustre une pratique plus large de détentions arbitraires et d’accusations fabriquées en Iran.

Il est impératif que la communauté internationale agisse :

  • Exiger sa libération immédiate.

  • Faire pression sur l’Iran pour garantir un procès équitable.

  • Soutenir la mobilisation publique et les appels de sa famille.

Seule une action collective peut briser ce cycle de répression et défendre les droits des prisonniers politiques en Iran.