Des dignitaires internationaux exigent des mesures pour mettre fin à la “vague d’exécutions” en Iran et à l’impunité des crimes passés

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CSDHI – Londres – À l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, des parlementaires internationaux, des défenseurs des droits humains et d’anciens responsables se sont réunis à Londres pour condamner avec vigueur l’accélération alarmante du rythme des exécutions en Iran. Les intervenants ont qualifié ces mises à mort d’« arme politique barbare » utilisée pour étouffer toute dissidence.

Le principal objectif de la conférence était d’appeler à une action internationale immédiate et décisive pour stopper ces exécutions, poursuivre les auteurs de crimes contre l’humanité, et soutenir l’alternative démocratique menée par Madame Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).

Un régime de peur et de tueries sans précédent

Les orateurs ont souligné l’ampleur choquante des exécutions en Iran perpétrées par le régime.

La baronne O’Loan a rappelé que l’Iran figure depuis longtemps parmi les premiers pays au monde pour le nombre d’exécutions en Iran, mais que « jamais, au cours des quarante dernières années, la peine de mort n’a été utilisée avec une telle fréquence ».

Depuis juillet dernier, plus de 1 820 exécutions en Iran ont été recensées, soit un rythme où « toutes les trois heures et demie, une personne est exécutée en Iran ».
Rosa Zarei a confirmé que « l’Iran détient aujourd’hui le taux d’exécutions par habitant le plus élevé au monde ».

John Bercow, ancien président du Parlement britannique, a rappelé l’ampleur mondiale du drame : « En effet, 64 % des exécutions étatiques dans le monde, soit près des deux tiers, sont aujourd’hui perpétrées par le gouvernement iranien, faisant de ce pays, si l’on peut dire, la capitale mondiale de la peine capitale. »

Il a insisté sur le caractère politique de ces crimes : « Il ne s’agit pas de justice, mais de terreur. Il s’agit d’intimider, de briser les gens. »

Azadeh Hosseini, enseignante ayant perdu des membres de sa famille sous le régime, a ajouté : « La montée du nombre d’exécutions en Iran n’est pas un signe de force, mais de faiblesse et de désespoir. »

Le sénateur irlandais Gerard Craughwell a rapporté que, sur les quatorze derniers mois, « plus de 1 850 vies ont été fauchées, dont 61 femmes et de nombreux prisonniers politiques », dénonçant des procès « qui ne sont qu’une parodie de véritable justice ».

La répression de la résistance organisée

Les intervenants ont rappelé que ces exécutions visent avant tout à écraser l’opposition politique.

La baronne O’Loan a expliqué que le régime concentre sa répression sur les membres et sympathisants du CNRI et de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), car il redoute « une résistance organisée offrant une alternative démocratique capable de transformer la contestation en un mouvement décisif pour le changement ».

L’ancienne sénatrice colombienne Ingrid Betancourt a qualifié la peine de mort d’« arme politique barbare, brandie pour instiller la peur et étouffer la dissidence ».

Elle a évoqué le sort des 17 prisonniers politiques actuellement en attente d’exécution, dont « le seul crime est de soutenir les Moudjahidine du peuple d’Iran (MEK), mouvement d’opposition qui défend le droit du peuple iranien à choisir la démocratie ».

Massoud Zabeti a ajouté que le régime s’en prend aux partisans de l’OMPI « par peur : peur de l’organisation, peur de ses membres et peur du large soutien populaire dont elle bénéficie en Iran ».

La représentante du CNRI au Royaume-Uni, Dowlat Nowrouzi, a dénoncé le système judiciaire iranien :
« Tout le monde en Iran sait que l’appareil judiciaire est un instrument entre les mains du Guide suprême, Ali Khamenei. Il n’a rien d’indépendant. »

Neda Zabeti, étudiante en droit, a expliqué que des accusations comme “l’inimitié envers Dieu” sont « volontairement vagues et conçues pour criminaliser la dissidence, réduire au silence l’opposition et semer la peur dans toute la société ».

Les orateurs ont également salué le courage de ceux qui résistent à l’intérieur du pays, notamment les prisonniers qui participent à la campagne “Mardis contre l’exécution” en refusant de s’alimenter.

Le jeune médecin Omid Ebrahimi a parlé au nom de la nouvelle génération : « Je parle au nom d’une génération qui a refusé et refuse encore de se taire face à la tyrannie… Ce sont les unités de résistance, ces jeunes rebelles qui osent dire non à la dictature et oui à la liberté et à une république démocratique. »

L’ombre de 1988 et l’appel à mettre fin à l’impunité

Un thème récurrent a été celui de l’impunité héritée du massacre de 1988, au cours duquel 30 000 prisonniers politiques, pour la plupart membres de l’OMPI/MEK, furent exécutés.

Les médias officiels tels que l’agence Fars News, ont récemment qualifié ce massacre d’« expérience historique réussie », appelant à sa reproduction.

Javaid Rehman, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains en Iran, a souligné la gravité de ces crimes : « Les atrocités, et en particulier le massacre de 1988, constituent les violations des droits humains les plus graves et les plus abominables de notre mémoire vivante. »

Ses conclusions indiquent que les exécutions d’opposants entre 1979 et 1988 relèvent de crimes contre l’humanité — meurtres, extermination et génocide.

Il a lancé un avertissement clair : « La communauté internationale a échoué en 1988. Elle ne doit pas échouer à nouveau. »

Face à cette histoire et aux violences actuelles, les intervenants ont exigé des mesures concrètes pour mettre fin à l’impunité.

Dowlat Nowrouzi a appelé la communauté internationale « à traduire en justice Khamenei et Mohseni-Eje’i, chef du pouvoir judiciaire des mollahs ».

La baronne O’Loan a exhorté le gouvernement britannique à saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour renvoyer le dossier iranien devant la Cour pénale internationale.

Des demandes urgentes : sanctions, interdiction et soutien au CNRI

Les participants ont insisté sur le fait que les paroles et l’apaisement ont échoué.

Rana Rahmanfard a déclaré sans détour : « Vos paroles ne signifient rien si elles ne sont pas suivies d’actes. »

Elle a averti : « Les négociations avec le régime, autrement dit sa complaisance, ne font que le renforcer. »

Dame Theresa Villiers a rappelé que le régime représente une menace fondamentale pour la sécurité, posant « un danger étendu, constant et imprévisible pour le Royaume-Uni ».

Elle a exigé : « Des sanctions ciblées doivent être imposées contre le Guide suprême et les responsables des crimes contre l’humanité… Le Royaume-Uni doit inscrire les Gardiens de la révolution (les pasdarans) sur la liste des organisations terroristes. »

Le sénateur Craughwell a appuyé cet appel, qualifiant les pasdarans de « force terroriste qui menace la sécurité de l’Europe ».

L’ancien ministre italien des Affaires étrangères Giulio Terzi a ajouté que cette désignation « n’est plus une option, mais un impératif ».

Plusieurs intervenants ont conclu en réaffirmant leur soutien au CNRI et à son programme démocratique. Omid Ebrahimi a qualifié le CNRI de « seule véritable alternative à la théocratie des mollahs ».

Giulio Terzi a présenté le CNRI et son plan en dix points comme « la troisième voie » pour l’avenir de l’Iran, une vision partagée par la baronne O’Loan, Dame Villiers et Azadeh Hosseini : celle d’une république démocratique, laïque et sans peine de mort.

John Bercow a résumé le message central de la résistance : « Non au Shah, non aux Mollahs. »

Il a qualifié le régime iranien de « fasciste » et affirmé : « Nous devons nous engager à le vaincre. » Neda Zabeti a conclu avec force : « Disons non aux exécutions. Disons non à la dictature. Ni Shah, ni Mollah. Vive la liberté et vive la démocratie ! »