CSDHI – Des athlètes de renommée internationale, dont Martina Navratilova et Riley Gaines, appellent les Nations unies à intervenir après que la justice iranienne a confirmé de nouvelles condamnations à mort à caractère politique.
Une coalition grandissante de figures sportives internationales a dénoncé la décision du régime iranien de confirmer la peine capitale du champion de boxe emprisonné Mohammad Javad Vafaei Sani, appelant les Nations unies et les instances sportives mondiales à agir de toute urgence pour empêcher son exécution.
L’appel – signé notamment par Riley Gaines, Martina Navratilova, Nancy Hogshead, Sharron Davies, Inga Thompson, Carilyn Johnson et d’autres – qualifie cette décision d’atteinte directe aux droits humains et aux valeurs fondamentales du sport.
« Nous, athlètes et personnalités du monde sportif, condamnons avec la plus grande fermeté la décision du régime iranien, rendue le 4 octobre 2025, de confirmer la peine de mort de Mohammad Javad Vafaei Sani, boxeur et entraîneur de 30 ans originaire de Machhad », déclare la lettre commune.
Javad Vafaei Sani est détenu depuis plus de cinq ans, soumis à la torture et à l’isolement, pour avoir participé aux manifestations pro-démocratie de 2019 et exprimé son soutien à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI). Arrêté en mars 2020, il a été victime de multiples manipulations judiciaires : bien que la Cour suprême ait annulé sa condamnation à deux reprises, le tribunal révolutionnaire de Machhad l’a rétablie à trois reprises, jusqu’à ce que le dernier verdict soit confirmé.
La lettre rappelle le passé du régime iranien dans l’exécution d’athlètes pour leurs opinions politiques, citant notamment Habib Khabiri, capitaine de l’équipe nationale de football, et Forouzan Abdi, capitaine de l’équipe féminine de volley-ball, tous deux exécutés pour des raisons politiques. Elle évoque également l’exécution du lutteur Navid Afkari en 2020, condamné pour avoir participé à des manifestations pacifiques.
« Ces exécutions politiques sont une tentative cynique des autorités pour intimider et réduire au silence une population de plus en plus révoltée face à la corruption et à l’oppression du régime. Le sport est censé incarner l’espoir, l’unité et le courage. Exécuter un champion pour ses opinions, c’est piétiner ces valeurs », souligne le communiqué.
Malgré leurs divergences politiques, Riley Gaines, militante conservatrice, et Martina Navratilova, figure engagée du camp progressiste, se sont unies autour de cette cause – un symbole du consensus moral mondial face à la montée des exécutions à caractère politique en Iran.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a décrit l’Iran comme étant dans une « frénésie d’exécutions sans précédent », rapportant plus de 1 000 exécutions depuis le début de l’année 2025, souvent fondées sur des accusations fabriquées de « meurtre » ou de « crimes liés à la drogue ».
Parallèlement, la justice iranienne a confirmé la condamnation à mort du prisonnier politique Reza Abdali, détenu à la prison de Sheiban (Ahwaz), pour soutien présumé à l’OMPI. Arrêté en février 2025, Abdali avait d’abord été condamné à 15 ans de prison et à la peine capitale. Il est actuellement maintenu à l’isolement dans le quartier 8 de la prison de Sheiban. La Résistance iranienne appelle une nouvelle fois les Nations unies et le Rapporteur spécial sur la situation des droits humains en Iran à intervenir immédiatement pour sauver Abdali et les autres détenus menacés d’exécution imminente.
Alors que le régime intensifie sa campagne de répression, l’indignation internationale ne cesse de croître. La coalition mondiale d’athlètes rejoint une liste grandissante d’organisations de défense des droits humains et de responsables onusiens exigeant la fin des exécutions politiques et la tenue pour responsables des auteurs de ces crimes contre l’humanité.



