Révélations d’un médecin sur la répression sanglante en Iran et les hôpitaux de la terreur

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CSDHI – Chaque jour, de nouveaux éléments sont révélés sur la répression sanglante du soulèvement populaire iranien, détaillant le massacre perpétré à grande échelle par les forces de sécurité du régime en janvier. Un médecin iranien, ayant temporairement quitté le pays, a décrit ce qui s’est passé dans l’une des principales villes d’Iran lors d’une interview accordée à l’émission « Weekend » de la BBC World Service. Son témoignage dresse un tableau précis de la répression sanglante et de ses conséquences directes pour les civils et le personnel médical. L’interview, diffusée avec un extrait vidéo, a suscité une vive attention.

Témoignage de médecins sur les conséquences humaines de la répression sanglante du soulèvement

Le médecin a déclaré que dès le jeudi 8 janvier, l’accès à Internet était totalement coupé. Cette coupure a perturbé la délivrance des médicaments. De nombreux patients se sont retrouvés sans ordonnance. Tout contact avec leurs confrères était devenu impossible. L’accès aux dossiers médicaux était bloqué. Selon lui, les soins ont été interrompus à un moment critique, et la pression sur le personnel médical s’est décuplée.

Il a souligné n’avoir jamais rien vu de tel. Les blessés affluaient sans cesse. On déposait des blessés et on revenait en chercher d’autres. Beaucoup étaient jeunes. Les scènes étaient déchirantes. Les blouses du personnel médical étaient tachées de sang. Les ambulanciers pleuraient en travaillant. D’après lui, décrire ce qui s’est passé n’est pas chose facile. Ce passage de son récit révèle la dimension humaine de cette répression sanglante.

Hôpital : un lieu de terreur et de destruction des preuves

Le médecin a déclaré qu’avec l’arrivée des forces de sécurité, même les morts n’ont pas été épargnés. Des corps ont été ramassés à divers endroits. De nombreux blessés ont refusé d’être transférés à l’hôpital. La peur d’être arrêté était généralisée dans les centres médicaux. Cette peur a retardé les soins et mis des vies en danger. Au lieu d’être un refuge, l’hôpital est devenu un lieu de terreur.

Il a également rapporté que les services du renseignement des pasdarans (IRGC), principale force militaire et sécuritaire du régime, s’étaient rendus à l’hôpital. Selon lui, le personnel médical a été interrogé sur l’absence d’enregistrement des noms des blessés. La réponse des médecins a été sans équivoque : le nombre d’admissions ne permettait pas de consigner les informations. La priorité était de sauver des vies. Ces pressions sont décrites comme faisant partie intégrante du mécanisme de la répression sanglante visant à effacer les preuves.

En conclusion, le médecin a déclaré ne pas croire que les Iraniens retrouveront un jour leur vie d’avant après ces événements. Ses propos dressent un tableau saisissant du profond fossé qui sépare la société et le pouvoir en place. Ils montrent que la répression sanglante et impitoyable n’a pas seulement touché les rues, mais a également ébranlé le système de santé, la confiance du public et l’avenir même de la société.