CSDHI – Le mois de novembre 2025 a été marqué par une hausse choquante des violations des droits humains et de l’usage de la peine capitale par le régime iranien, atteignant au moins 336 exécutions — le plus haut total mensuel depuis près de quarante ans. Parmi les exécutés figuraient neuf femmes, et deux prisonniers ont été pendus en public, illustrant la volonté persistante du régime d’utiliser la violence visible comme outil d’intimidation et de contrôle. Ce nombre effroyable de morts reflète une politique délibérée de violence d’État, systématiquement appliquée par le système judiciaire et les forces de sécurité iraniennes.
Cette vague d’exécutions sans précédent s’inscrit dans un contexte plus large de répression et de crise. Face à l’effondrement économique, au mécontentement social et aux condamnations internationales, les autorités iraniennes semblent répondre en intensifiant les mesures punitives et en muselant toute forme de dissidence. La peine de mort est devenue un instrument central de répression politique, utilisé non seulement contre des personnes accusées de crimes, mais également pour éliminer des opposants politiques, des membres de minorités ethniques et religieuses, ainsi que des individus accusés d’être affiliés à des groupes d’opposition tels que l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI).
Dans de nombreux cas, les exécutions ont été menées sans transparence. Des prisonniers se sont vu refuser l’accès à un avocat, ont subi l’isolement prolongé, la torture, des aveux forcés, et ont été exécutés sans avertir leur famille. Certains ont été exécutés peu après la confirmation de leur peine, malgré des recours juridiques en cours ou de graves problèmes de santé. Des rapports crédibles indiquent également des cas de suicides ou de décès dus à des négligences médicales ou à la pression psychologique liée à l’exécution imminente.
Particulièrement préoccupante est l’utilisation croissante d’exécutions de masse, où des groupes de 10 à 24 prisonniers sont pendus en un seul jour dans plusieurs prisons.
Dans l’ensemble, la vague d’exécutions de novembre ne représente pas une simple action judiciaire, mais une stratégie délibérée de terreur d’État, destinée à instaurer un climat de peur et à éliminer toute menace perçue envers le pouvoir. L’ampleur et la brutalité de ces actes exigent une intervention internationale urgente et la mise en place de mécanismes de responsabilisation pour stopper la machine de mort du régime et protéger les vies de ceux qui sont dans le couloir de la mort.
Statistiques des exécutions
En novembre 2025, la mise en œuvre de la peine de mort en Iran a connu une escalade extraordinaire. Les rapports confirment qu’au moins 336 personnes ont été exécutées, faisant de ce mois le plus meurtrier en termes d’exécutions depuis 37 ans.
Chiffres clés :
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Total des exécutions : au moins 336
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Femmes exécutées : 9
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Exécutions publiques : 2
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Exécutions entre le 9 et le 12 novembre : 69 (soit plus de 17 par jour en moyenne)
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Exécutions entre le 22 et le 30 novembre : 56
Les exécutions ont été rapportées dans au moins 35 villes de presque toutes les provinces, dont Téhéran, Chiraz, Machhad, Yazd, Kermanshah, Ahwaz, Ispahan, Dezfoul, Oroumieh, Qazvin, Rasht, Semnan, Zanjan et Yasuj.
Beaucoup ont été effectuées en groupe, souvent en secret et sans prévenir les familles. Le cas le plus extrême a eu lieu le 26 novembre, lorsque 24 prisonniers, dont deux femmes, ont été exécutés dans plusieurs prisons du pays — l’un des jours les plus meurtriers du mois.
Cas Notables
Prisonniers politiques menacés d’exécution
De nombreux prisonniers politiques ont fait face à un risque d’exécution imminente, souvent après des détentions prolongées, des tortures et des procès manifestement injustes. Ces cas illustrent l’usage systématique de la peine de mort pour éliminer les dissidents.
Cas principaux :
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Mehdi Vafaei-Sani, 39 ans — risque élevé d’exécution après de nouvelles accusations fabriquées.
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Reza Abdali, 35 ans — peine de mort confirmée après torture et absence de procès équitable.
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Ayoub Porkar, 70 ans — état critique, détenu sans soins médicaux depuis 17 ans.
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Farshad Etemadifar (30 ans), Alireza Merdasi (52 ans), Masoud Jamei (48 ans) — peines de mort confirmées malgré la torture, la maladie et l’absence de procédure régulière.
Ces situations montrent l’extrême vulnérabilité des prisonniers politiques en Iran.
Décès dus à la négligence carcérale
Plusieurs détenus sont morts en novembre en raison de soins médicaux inexistants ou tardifs, ou de traumatismes psychologiques.
Cas cités :
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Sahar Shahbazian, 26 ans — morte d’un arrêt cardiaque après un transfert médical retardé.
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Aziz Abeiat, 56 ans — mort d’un infarctus après avoir appris la confirmation de sa peine de mort.
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Amir Neisi, 27 ans — mort faute de soins malgré des signes clairs de détresse médicale.
Ces décès reflètent une politique systématique de négligence et de maltraitance dans les prisons iraniennes.
Campagne “Les Mardis Sans Exécutions”
En novembre, la campagne des “Les Mardis Sans Exécutions” a poursuivi sa progression. Lancée en janvier 2024 par des prisonniers politiques, elle en est à sa 96ᵉ semaine consécutive, réunissant des détenus de 55 prisons qui observent des grèves de la faim et publient des déclarations de protestation.
Selon leur dernier communiqué :
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1 470 exécutions ont eu lieu depuis mars 2025
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dont 311 en un seul mois, un record sur quatre décennies
Ils dénoncent une « machine de mort » comparable au massacre des prisonniers politiques de 1988.
Condamnation internationale
Le 19 novembre 2025, la Troisième Commission de l’Assemblée générale de l’ONU a adopté sa 72ᵉ résolution condamnant les violations graves et systématiques des droits humains en Iran.
La résolution condamne :
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l’explosion du nombre d’exécutions, surtout de femmes, mineurs et prisonniers politiques
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l’absence d’enquêtes sur les crimes d’État
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les disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires
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l’incitation à la violence par les médias officiels
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l’impunité persistante des responsables, notamment pour le massacre de 1988
Conclusion
Les données de novembre 2025 dressent un tableau extrêmement sombre de la situation des droits humains en Iran. À certains moments, une personne était exécutée toutes les deux heures. Ces exécutions massives et secrètes violent gravement les normes internationales.
L’Iran Human Rights Monitor appelle :
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l’ONU, l’UE et les ONG à agir immédiatement pour stopper les exécutions
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le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à envoyer une mission d’enquête
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la communauté internationale à saisir le Conseil de sécurité sur les crimes contre l’humanité commis par le régime
Sans pression internationale, les autorités iraniennes continueront d’utiliser la peine capitale comme instrument de terreur politique et de contrôle social.



