Détérioration critique de l’état de santé de Fatemeh Ziaei Azad : une prisonnière politique en danger imminent de mort

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CSDHI – Des informations récentes provenant de la prison d’Evine à Téhéran indiquent une aggravation sévère de l’état de santé de Fatemeh Ziaei Azad, une prisonnière politique vétérane qui a passé près de quatre décennies entre arrestations, interrogatoires et emprisonnements.

Introduction

Âgée de 68 ans, elle est détenue dans des conditions qui contredisent directement les ordres médicaux ainsi que les exemptions légales qui lui avaient été accordées en raison de la gravité de son état. Les médecins ont averti à plusieurs reprises que sa détention continue représente un risque immédiat de décès prématuré. Son cas illustre la négligence systématique envers les prisonniers malades par le régime iranien et l’utilisation délibérée de la privation de soins médicaux comme outil de répression.

Contexte : antécédents d’arrestations et historique du dossier

Fatemeh Ziaei, connue sous le nom de « Hoorieh », est née en 1957 et est diplômée en sciences politiques. Durant les années 1980, elle a été arrêtée pour activités politiques et a par la suite été soumise à plusieurs vagues d’arrestations. Au total, elle a passé environ 14 ans dans différentes prisons iraniennes.

Le 20 janvier 2025, l’Organisation de médecine légale d’Iran a officiellement conclu qu’elle était médicalement « inapte à purger une peine de prison ». À la suite de cette décision, elle a été libérée après avoir payé 300 millions de tomans pour racheter le reste de sa peine. Les médecins avaient alors clairement averti que l’incarcération représentait un danger direct pour sa vie.

Malgré ces conclusions médicales et légales, elle a été arrêtée de nouveau le 6 août 2025, lorsque des agents du ministère du Renseignement ont fait irruption à son domicile à minuit sans présenter de mandat judiciaire. Selon sa famille, non seulement elle a été emmenée sans explication, mais les agents ont également confisqué des objets personnels, fouillé minutieusement la maison et saisi ses médicaments.

Avant d’être transférée à la prison d’Evin, elle a été détenue pendant 40 jours dans le centre de détention NoPo — un lieu dépourvu de soutien médical — où elle a subi plusieurs attaques physiques liées à ses maladies chroniques, sans recevoir aucun traitement.

Crise médicale critique : risque imminent de décès

Selon des sources proches de la famille, l’état de santé de Fatemeh Ziaei s’est considérablement dégradé ces dernières semaines. Elle souffre de sclérose en plaques (SEP) à un stade avancé, une maladie nécessitant un suivi médical constant, une stabilité psychologique et un traitement structuré. Les conditions brutales d’incarcération et le refus répétitif de soins ont aggravé ses symptômes.

Une source informée affirme :

« Toute nouvelle négligence pourrait entraîner sa mort prématurée. Les médecins ont répété que même une courte période d’emprisonnement est dangereuse pour elle. Au lieu de soins, la pression et les restrictions ont augmenté. »

Elle souffre notamment de :

  • SEP avancée avec graves limitations de mobilité

  • Infection pulmonaire progressive de type tuberculeux

  • Maladie chronique de la vessie avec infections récurrentes

  • Complications hépatiques

  • Faiblesse physique sévère, douleurs récurrentes et détresse respiratoire

Les médecins avertissent que toute interruption du traitement de la SEP peut entraîner une invalidité irréversible, tandis que son infection pulmonaire est désormais « mortelle sans hospitalisation spécialisée ». Elle ne peut plus marcher sans aide, et même les tâches quotidiennes les plus simples sont devenues extrêmement difficiles.

Ambiguïtés judiciaires et atteinte au droit à la défense

Le 4 octobre 2025, elle a été conduite devant la branche 15 du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolqasem Salavati, pour la notification officielle des charges. Au cours de cette session, son avocat a présenté la décision médico-légale confirmant son « inaptitude à l’incarcération », ainsi que les documents prouvant le paiement des 300 millions de tomans, et a demandé l’arrêt de la procédure.

Cependant, l’affaire est restée dans un état d’incertitude totale depuis lors. Selon des sources juridiques, son avocat a tenté à plusieurs reprises de soumettre des documents de défense, mais il s’est vu refuser l’accès même au bâtiment du tribunal. Cette obstruction constitue une violation manifeste de son droit à la défense et démontre le refus du pouvoir judiciaire de prendre en compte des preuves médicales et légales pourtant contraignantes.

Arrestation nocturne arbitraire et violation du droit interne

Son arrestation à minuit, le 6 août 2025, effectuée sans mandat judiciaire, constitue une violation flagrante des lois iraniennes de procédure pénale. Une source proche de la famille affirme :

« La descente nocturne sans mandat, alors qu’elle suivait un traitement pour des maladies chroniques, relevait d’une intimidation délibérée. Les médecins avaient déjà averti que le stress ou le choc pouvait sérieusement la mettre en danger. »

La famille a demandé à plusieurs reprises son transfert à l’hôpital pour des examens essentiels, mais ces requêtes ont été ignorées ou délibérément retardées.

Analyse juridique : violations par le régime iranien de ses obligations internationales

Le cas de Fatemeh Ziaei constitue une violation claire de plusieurs dispositions fondamentales du droit international des droits humains :

  • Article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) – Droit à la vie
    Refuser des soins essentiels à une prisonnière gravement malade met directement sa vie en danger.

  • Article 7 du PIDCP – Interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants
    Détenir une patiente atteinte de SEP avancée et d’une infection pulmonaire grave sans soins constitue un traitement inhumain.

  • Article 10 du PIDCP – Traitement humain des personnes privées de liberté
    Ses conditions de détention violent l’obligation de garantir des conditions de vie dignes.

  • Règles Mandela (Normes pénitentiaires de l’ONU)
    Ces règles exigent que les prisonniers reçoivent le même niveau de soins que la population générale — principe totalement ignoré dans ce cas.

Impact humain : érosion physique et psychologique progressive

Fatemeh Ziaei est mère de deux enfants, une femme de 68 ans ayant passé une grande partie de sa vie sous la menace de l’emprisonnement, du harcèlement et de la privation. Le poids physique et mental de l’incarcération, surtout pour une personne de son âge et de son état de santé, a provoqué des dommages graves et irréversibles.

Sa détention continue constitue une forme de mort lente, une méthode de plus en plus utilisée par le régime iranien contre les prisonniers politiques malades. Une source proche de la famille rapporte :

« Fatemeh ne peut plus marcher sans assistance. Même les tâches les plus simples sont devenues douloureusement difficiles pour elle. »

Un schéma plus large : la privation de soins médicaux comme outil systématique de répression

La négligence médicale envers les prisonniers politiques en Iran n’est pas un cas isolé, mais un schéma institutionnalisé. Ces dernières années, de nombreux prisonniers politiques sont morts ou sont devenus handicapés de manière permanente en raison de l’obstruction délibérée des soins. Ce schéma démontre l’utilisation de la détérioration physique comme méthode de coercition ou d’élimination.

Conclusion et appel urgent à l’action

Le cas de Fatemeh Ziaei Azad illustre de manière frappante les violations systématiques commises par le régime iranien contre les prisonniers politiques gravement malades. Malgré des ordres médicaux clairs et une exemption légale validée, elle reste détenue dans des conditions représentant une menace directe pour sa vie.

Compte tenu de la situation actuelle, le risque de décès prématuré est imminent. Son transfert immédiat dans un hôpital spécialisé et la suspension de toutes procédures judiciaires constituent des impératifs humanitaires et juridiques urgents.