CSDHI – Une flambée de violations des droits humains, de condamnations à mort, l’aggravation des conditions carcérales et le traitement mortifère infligé à des détenues vulnérables signalent une nouvelle phase de brutalité du régime iranien.
Un tournant sombre dans la répression des mollahs
L’Iran entre dans l’une des périodes les plus sombres de sa répression étatique récente, marquée par une hausse alarmante des exécutions, la menace imminente pesant sur la vie du prisonnier politique Mohammad Javad Vafaei, des pendaisons massives à travers le pays, ainsi que la négligence volontaire et dangereuse envers les prisonnières politiques d’Evin.
Les défenseurs des droits humains avertissent que le régime théocratique intensifie l’usage de la force létale pour étouffer la dissidence et consolider son pouvoir face à une instabilité intérieure croissante.
Le prisonnier politique Mohammad Javad Vafaei à un pas de l’exécution
Le samedi 6 décembre 2025, le système judiciaire du régime a transféré le prisonnier politique Mohammad Javad Vafaei Thani en isolement à la prison de Vakilabad, à Mashhad, coupant toute communication avec l’extérieur — signe que son exécution pourrait être mise à exécution à tout moment.
Vafaei, 30 ans, champion et entraîneur de boxe, a été arrêté en janvier 2020. Soumis à des tortures sévères, il est détenu depuis bientôt cinq ans. Sa condamnation à mort — prononcée pour son prétendu soutien à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI/MEK) — a été confirmée trois fois par la justice du régime.
Depuis des mois, une large coalition d’organisations internationales, de personnalités publiques et de sportifs appelle Téhéran à stopper sa mise à mort.
La Résistance iranienne appelle les Nations Unies, l’Union européenne et tous les gouvernements attachés aux droits humains à agir d’urgence pour empêcher son exécution.
161 prisonniers exécutés en deux semaines, dont quatre femmes
Parallèlement, le régime mène une vague d’exécutions d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent :
161 prisonniers exécutés en deux semaines, parmi lesquels quatre femmes. Deux d’entre eux ont été pendus en public à Semnan, rappelant les punitions d’un autre âge.
Les 2 et 3 décembre, les agents du régime ont exécuté 53 prisonniers en seulement 48 heures.
Exécutés le mercredi 3 décembre
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Karamkhoda Sepehri (Bojnurd)
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Amin Mahdavi (Mahshahr)
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Mehran Chaboksavar (Neyshabur)
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Siavash Khosravi (Kashan)
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Majid Namjoo (Bushehr)
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Saber Zahedi (Shahr-e Kord)
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Manouchehr Ahmadi (Borazjan)
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Azad Changeh (Naqadeh)
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Rana Farajoghli (Tabriz)
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Artam Ghafouri (Mahabad)
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Safa Jozipour (Gonabad)
Exécutés le mardi 2 décembre
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Malek Gerayi (Ilam)
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Aziz Sheikhi (Ferdows)
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Hamed Kazazi et un autre détenu non identifié (Chiraz)
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Amirreza Shahmohammadi (Zanjan)
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Farshid Karami (Damghan)
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Esfandiar Zakipour (Quchan)
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Fariborz Niazi (Malayer)
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Mohammad Javad Aminpour (Ardabil)
Exécutions du jeudi 4 décembre
Notamment :
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Hosseinali Yeganeh (Birjand)
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Rahim Mansouri (Kashmar)
La Résistance iranienne condamne ces massacres comme partie intégrante d’une campagne systématique de terreur. Elle appelle l’ONU et l’Union européenne à isoler diplomatiquement Téhéran et à soutenir les efforts visant à sauver les condamnés à mort et agir contre ces terribles violations des droits humains.
Torture des prisonnières politiques transférées à Evine
Tandis que les exécutions se multiplient, les prisonnières politiques subissent des conditions inhumaines dans la prison d’Evin après leur récent retour de Qarchak.
À la suite d’un attentat à la bombe dans Evine en juillet, les détenues avaient été transférées à Qarchak, prison tristement célèbre pour son insalubrité. Ramenées récemment à Evine, elles ont été placées dans un sous-sol situé 40 marches sous terre, décrit comme humide, sale, infesté de rongeurs et d’insectes.
Selon des défenseurs des droits humains, ces conditions relèvent de la torture psychologique et physique, particulièrement dangereuse pour les détenues gravement malades.
Le cas de Fatemeh Ziaei
Fatemeh Ziaei, 68 ans, prisonnière politique de longue date emprisonnée pour la première fois dans les années 1980, a été arrêtée sept fois et passé plus de 13 ans en détention. Elle souffre de sclérose en plaques avancée, de tuberculose et d’une infection interne grave.
Libérée sous caution début 2025 après qu’un médecin légiste a affirmé qu’elle ne survivrait pas à l’incarcération, elle a de nouveau été arrêtée en août et convoquée par un tribunal révolutionnaire en octobre.
Sa vie est aujourd’hui en danger immédiat.
Le cas de Shiva Esmaeili
Shiva Esmaeili, condamnée à dix ans de prison, souffre de douleurs lombaires chroniques et sévères. Malgré la progression de son état, les autorités continuent de lui refuser un traitement spécialisé, mettant sa santé en péril.
Appel urgent à la communauté internationale
La Résistance iranienne affirme que cette intensification de la brutalité — exécutions imminentes, pendaisons de masse, torture de prisonnières — traduit la panique d’un régime qui ne se maintient que par la terreur.
Elle appelle :
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le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU
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le Rapporteur spécial sur l’Iran
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l’Union européenne et ses États membres
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les organisations internationales de défense des droits humains
à agir immédiatement pour :
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empêcher les exécutions
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enquêter sur les tortures et abus
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garantir la libération des prisonniers en danger de mort
Sans intervention internationale, le bilan des droits humains continuera de s’alourdir, et la campagne de violence du régime contre les prisonniers politiques — femmes, jeunes militants, et détenus ordinaires — se poursuivra sans entrave.



