CSDHI – Avec 335 exécutions — dont sept femmes et deux pendaisons publiques — novembre 2025 devient le mois le plus meurtrier depuis près de quatre décennies, alors que le régime iranien intensifie la répression et commence décembre avec 44 exécutions supplémentaires en seulement trois jours.
Un mois de carnage d’État
Novembre 2025 a été qualifié de mois le plus sanglant en Iran depuis 37 ans, avec 335 exécutions recensées dans les prisons du pays, selon le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).
Parmi les victimes figuraient sept femmes, et deux prisonniers ont été pendus en public, démontrant le recours systématique du régime à une brutalité d’un autre âge pour instiller la peur.
Le total de novembre marque une flambée spectaculaire et sans précédent :
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Plus du double des 155 exécutions de novembre 2024
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Près du triple des 115 recensées en 2023
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Six fois les 57 exécutions de 2022
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Onze fois les 30 exécutions de 2021
Les organisations de défense des droits humains alertent : cette explosion d’exécutions reflète un choix délibéré du régime, qui cherche à renforcer la terreur dans un contexte d’effondrement économique, de montée des protestations et d’aggravation des tensions sociales. Selon elles, cette stratégie de mise à mort massive ne réprime pas la contestation — elle risque au contraire d’attiser davantage la colère populaire.
Pendant ce temps, la réaction internationale demeure faible.
Malgré l’ampleur des atrocités, ni l’Union européenne ni les États-Unis n’ont référé le dossier des droits humains en Iran au Conseil de sécurité de l’ONU, laissant les réactions mondiales cantonnées à de simples déclarations symboliques.
Une exécution toutes les 90 minutes : décembre commence avec 44 mises à mort en trois jours
Le bain de sang ne s’est pas arrêté avec la fin du mois.
Dans les trois premiers jours de décembre (1er–3 décembre), au moins 44 prisonniers ont été exécutés, soit une exécution toutes les 90 minutes.
D’autres noms devraient être rendus publics après vérification.
3 décembre : 13 exécutions à travers le pays
Treize prisonniers ont été exécutés mercredi 3 décembre dans au moins neuf villes :
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Bam : Keyvan Shah Bakhsh, 29 ans
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Semnan : Iman Mortazaei, 39 ans ; Abufeiz Davoudi
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Mashhad : Hessam Norouzi et une prisonnière
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Prison de Ghezel Hesar : Amir Emami et deux prisonniers non identifiés
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Kangan : un prisonnier
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Gorgan : Ali Kalhor
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Rasht : Mehdi Javanmardi, 38 ans
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Sabzevar : Pirvali Sha’bani
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Bandar Abbas : Yousef Jamshidi (Mehrabi), 22 ans
Ces exécutions correspondent aux informations des sources persanophones locales.
2 décembre : 20 exécutions, dont une pendaison publique
Vingt prisonniers ont été pendus mardi 2 décembre, dont une exécution publique à Semnan.
Parmi les victimes :
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Behbahan : Mohammad Jafar Alinia
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Nowshahr : Ebrahim Kalagar
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Qom : Abbas Mozaffarzadeh, 27 ans
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Esfarayen : Soltan Morad Nasiri
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Yazd : Mahmoud Abdollahi ; Jalal Khorshidi ; Ali Nirang ; un autre prisonnier
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Qazvin : un prisonnier nommé Pourheidari
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Semnan : Mahmoud Nouri ; Hossein Shafizadeh ; Gholamreza Bahrami
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Ispahan : sept prisonniers — Shahab Mokhtari ; Abdullah Brahui, 39 ans (un compatriote baloutche) ; Mehrdad Espid, 38 ans ; Shamal Mohammad Rashid ; Arsalan Hossein Ali ; Abolfazl Ghaderzadeh ; Meysam Panahi, 37 ans
Les sources persanes confirment les mêmes chiffres et localisations.
1er décembre : 11 exécutions à l’échelle nationale
Onze prisonniers ont été exécutés lundi 1er décembre :
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Taybad : Seyed Ali Hajipour
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Shahrekord : Javad Souri
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Ahvaz : Tayyeb Minayi
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Qom : Nourkhoda Akrami
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Tabriz : deux prisonniers
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Bandar Abbas : Parsa Abdi et un autre prisonnier
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Dorud : Hossein Zamani
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Borujerd : Sepehr Goodarzi
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Mahabad : Ebrahim Tabrizi
30 novembre : nouvelles exécutions à la veille du mois de décembre
Dimanche 30 novembre, plusieurs exécutions ont également été confirmées :
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Bukan : Yashar Sadeghi
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Kerman : Mansour Jalali
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Zahedan : Parviz Rigi, 30 ans (un compatriote baloutche)
Ces cas s’ajoutent aux trois exécutions déjà signalées dans les mêmes villes.
Un régime qui gouverne par l’exécution
Les organisations de défense des droits humains affirment que la frénésie meurtrière du régime montre clairement sa déroute :
les exécutions de masse sont utilisées comme instrument de gouvernance, de terreur et d’intimidation.
Dans les mots d’un rapport du CNRI :
« Le fascisme religieux au pouvoir en Iran tente vainement d’empêcher les soulèvements et les révoltes par le sang et les exécutions. Cette hémorragie de violence ne fait qu’attiser la rage d’un peuple enchaîné. »
Le rapport appelle la communauté internationale à dépasser les déclarations :
« Ce régime d’exécutions et de terreur doit être mis au ban de la communauté internationale.
Son guide suprême et ses responsables doivent être poursuivis pour 46 ans de crimes contre l’humanité et de génocide. »



