CSDHI – La surpopulation, les transferts forcés et l’absence totale de soins médicaux ont créé des conditions mettant en péril la vie des détenus dans un entrepôt fermé, utilisé pour les regrouper avant leur transfert vers Zahedan.
Une grave crise sanitaire est en train d’avoir lieu au sein de la prison d’Iranshahr, où les transferts imposés et la dégradation systématique des conditions de détention placent des centaines de prisonniers en danger immédiat. Le dimanche 7 décembre, la relocalisation massive des détenus « Ra’ye Baz »¹ vers la prison centrale de Zahedan s’est poursuivie, tandis que les autorités entassaient un grand nombre d’entre eux dans un entrepôt hermétiquement clos et sans ventilation.
La surpopulation extrême, l’air contaminé et l’absence totale de services médicaux ont créé des conditions mortelles, susceptibles de se transformer à tout moment en une catastrophe d’ampleur majeure. Les responsables pénitentiaires ont ignoré les mises en garde répétées des prisonniers et n’ont fait qu’aggraver la situation.
Depuis une semaine, des centaines de détenus sont entassés chaque jour dans ce vaste espace fermé. Beaucoup souffrent de fièvre, toux, douleurs corporelles, symptômes de rhume et de grippe ; un nombre croissant présente désormais des complications respiratoires.
L’environnement est insalubre, sans circulation d’air, sans accès à la moindre hygiène. Dans un tel espace contaminé, les maladies se propagent à une vitesse fulgurante. Pourtant, aucune intervention médicale n’a été entreprise pour évaluer ou contenir ce foyer épidémique, laissant les détenus exposés à une infection rapide et à une détérioration sévère de leur état de santé.
Selon des sources locales, la propagation des rhumes, de la grippe et des maladies saisonnières s’aggrave de jour en jour. La rétention prolongée des prisonniers dans cet espace clos a transformé l’entrepôt en un gigantesque cluster infectieux.
La situation représente une menace immédiate pour la vie. Le stress, l’anxiété et la coercition liés au processus de transfert ne font qu’accroître le danger. Les autorités mêlent détenus malades et détenus sains, refusent de fournir des masques et ne prennent aucune mesure pour limiter la transmission.
Parallèlement, les procédures d’empreintes digitales et de documentation en vue des transferts se poursuivent sous la pression et l’intimidation. Les détenus doivent patienter des heures dans l’entrepôt pour que leurs informations soient enregistrées.
L’état physique des prisonniers ne revêt aucune importance pour les responsables, dont la seule priorité est d’accélérer la relocalisation vers Zahedan.
Le résultat : la santé des détenus sacrifiée, en violation flagrante des droits fondamentaux et en contradiction directe avec les conventions internationales et les normes de droits humains.
Ce qui se déroule à la prison d’Iranshahr illustre une attaque systématique contre le bien-être des prisonniers, révélant à quel point les autorités accordent peu de valeur à la vie humaine.
Dans cet environnement, les protestations des détenus sont systématiquement ignorées. La pression psychologique constante, les menaces et l’indifférence face à la douleur et à la maladie ont créé des conditions profondément inhumaines. Les prisonniers ne peuvent pas se reposer et n’ont accès à aucun médicament.
Cette crise met en lumière un phénomène plus large : une structure de gouvernance qui utilise l’épuisement physique et la dégradation de la santé comme outils de contrôle, d’humiliation et de punition.
La destruction progressive de la santé des détenus fait partie d’une méthode répressive de longue date, répandue dans tout le pays, et qui atteint désormais un pic alarmant à la prison d’Iranshahr.
Le maintien de telles conditions constitue une menace grave et immédiate pour la vie. La hausse des maladies, la transmission rapide de virus et l’absence totale de soins médicaux rappellent les premières phases d’un désastre sanitaire majeur.
Cette crise révèle la corruption structurelle, la dysfonction chronique et la mauvaise gestion qui gangrènent le système pénitentiaire. Chaque jour sans intervention accroît le risque de décès. Les prisonniers affirment à répétition qu’ils atteignent les limites de l’endurance, mais les autorités persistent dans une approche mortifère.
Les événements en cours doivent être considérés comme une preuve supplémentaire de la profonde cruauté du régime. La prison d’Iranshahr n’est qu’un exemple parmi tant d’autres d’établissements où des traitements dégradants sont imposés par politique d’État.
La persistance de telles conditions témoigne du mépris du régime pour la vie humaine. L’entrepôt de la prison d’Iranshahr est désormais un symbole saisissant de l’effondrement moral du système au pouvoir.
À mesure que cette catastrophe sanitaire s’intensifie, elle met en lumière l’urgence absolue de mettre fin au cycle de répression systématique et violente. Lorsque même la santé élémentaire des détenus est sciemment sacrifiée, toute perspective de réforme disparaît, ne laissant qu’une seule issue : la nécessité d’un changement fondamental.
¹ « Ra’ye Baz » (littéralement : « Vote ouvert » ou « Opinion ouverte ») désigne une mesure de réinsertion permettant à certains détenus éligibles d’accomplir une partie de leur peine en travaillant ou en suivant une formation professionnelle à l’extérieur du centre pénitentiaire, au lieu d’être entièrement incarcérés.



