CSDHI – Le soulèvement de janvier 2026 en Iran n’est ni un événement isolé ni une explosion soudaine de colère. D’un point de vue historique, il constitue le chapitre le plus récent — et le plus décisif — d’un conflit qui façonne l’Iran depuis plus de 120 ans : l’affrontement permanent entre deux visions opposées du pouvoir politique, la liberté et la dictature.
Depuis le début du XXᵉ siècle, l’histoire iranienne s’articule sans cesse autour de cette question fondamentale. D’un côté, le pouvoir autoritaire, qui a pris des formes diverses — monarchique ou religieuse — mais qui s’est toujours appuyé sur la centralisation du pouvoir, la répression, la censure, l’exploitation économique et la manipulation des croyances. De l’autre, l’exigence de liberté, qui s’est payée par l’emprisonnement, l’exil, les exécutions, les mouvements de résistance et de longs efforts d’éducation et de mobilisation de la société.
Ces deux visions se font désormais face de manière directe dans le soulèvement de janvier 2026 en Iran (Dey 1404).
Quel est l’enjeu politique ?
Au cœur du soulèvement de janvier 2026 en Iran se trouve un choix entre deux systèmes de gouvernance fondamentalement différents :
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Un système autoritaire centré sur un individu ou une autorité religieuse, où le pouvoir se justifie par l’idéologie et la force ;
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Un système démocratique, pluraliste et laïque, dans lequel la souveraineté appartient au peuple et le pouvoir politique est responsable devant lui.
Pour le peuple iranien, ce soulèvement n’est pas une simple protestation : il constitue un référendum historique sur la manière dont le pays doit être gouverné à l’avenir.
Au-delà de la protestation : le rejet de toutes les formes de dictature
Si le soulèvement de janvier 2026 en Iran est envisagé comme le résultat cumulé des protestations et révoltes précédentes, un basculement essentiel apparaît clairement. Ce mouvement ne se contente pas d’affronter le régime clérical actuel ; il règle ses comptes avec la dictature en tant que concept, qu’elle soit religieuse ou monarchique.
Des décennies de répression politique, économique et sociale sous le pouvoir des clercs ont conduit à une conclusion sans appel : pour une large majorité de la société iranienne, toute forme de dictature est désormais inacceptable. Ce rejet n’est plus théorique ; il est devenu une force sociale puissante.
Le soulèvement est né de cette prise de conscience et porte une revendication claire : le rejet total de l’autoritarisme sous toutes ses formes politiques, idéologiques et religieuses.
Pourquoi la radicalisation devient inévitable
À mesure qu’un soulèvement de janvier 2026 en Iran se prolonge, la radicalisation devient inévitable — non pas comme dérive extrémiste, mais comme clarification des objectifs. Lorsqu’un régime se révèle incapable de se réformer et refuse de répondre aux revendications populaires, la seule issue restante est son renversement.
L’histoire en fournit un exemple éclairant. Lors de la révolution iranienne de 1979, si les manifestations de masse s’étaient éternisées sans escalade entre le 7 et le 11 février 1979, la monarchie ne serait pas tombée aussi rapidement — voire pas du tout. C’est le passage décisif à la confrontation qui a mis fin au pouvoir personnel.
La même logique historique s’applique aujourd’hui. Le régime clérical est structurellement irréformable. Son système repose sur l’autorité absolue et le contrôle idéologique. Dans ces conditions, le changement progressif est impossible, et la poursuite de protestations sans montée en intensité ne mène qu’à l’épuisement et à la perte de temps.
La fin des protestations contrôlées
Le pouvoir en place a longtemps privilégié des grèves limitées, des protestations sectorielles et des manifestations encadrées — leur permettant de se prolonger indéfiniment sans issue, tout en affirmant sur la scène internationale qu’une « liberté de protester » existait.
Cette phase est désormais révolue.
Ces formes de mobilisation se sont révélées inefficaces, épuisant l’énergie collective et sapant l’espoir sans produire de changements réels. Le soulèvement de janvier 2026 a rompu ce cycle en s’attaquant directement aux fondements du pouvoir. Fait marquant, il a débuté par une mobilisation transversale, réunissant différentes classes sociales autour d’un objectif politique commun.
Un système irréparable
Le système actuellement au pouvoir est incapable de relancer une économie qu’il a lui-même détruite, pas plus qu’il ne peut mettre en œuvre des réformes structurelles, même minimales. D’un point de vue historique, politique et philosophique, la société iranienne est parvenue au moment du règlement de comptes final avec l’idéologie autoritaire — qu’elle soit cléricale ou monarchique.
La seule réponse à la hauteur de ce moment historique est l’élargissement continu du soulèvement de janvier 2026 en Iran. Chaque heure qui passe renforce la même conclusion : le changement durable ne viendra ni de la négociation ni de la réforme, mais d’une action collective soutenue jusqu’à l’effondrement des structures de la dictature.
Une aube façonnée par la persévérance
Le soulèvement de janvier 2026 en Iran reflète une société qui a dépassé les illusions et les compromis. Il annonce l’émergence d’une génération déterminée à clore un long chapitre de domination autoritaire et à en ouvrir un nouveau, fondé sur la liberté, la dignité et la souveraineté populaire.
Ce qui s’annonce n’est pas l’incertitude, mais la résolution — façonnée par la persévérance, l’organisation et la volonté collective d’en finir, une fois pour toutes, avec la dictature.



