CSDHI – Le peuple iranien ne se bat pas pour recycler l’histoire — il se soulève pour enterrer définitivement à la fois la théocratie et la monarchie.
L’histoire de l’Iran ne s’écrit pas dans les manuels scolaires, mais dans la rue — à travers le feu, le sang et un courage extraordinaire. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui n’est pas une explosion soudaine de colère du peuple iranien, mais l’aboutissement de plus d’un siècle de lutte pour la liberté. Des femmes et des hommes, pleinement conscients du prix à payer, se sont avancés sous les balles pour donner un sens aux innombrables sacrifices consentis sous deux dictatures : la monarchie du Shah et la tyrannie cléricale de la prétendue République islamique.
Ce soulèvement du peuple iranien n’a pas commencé comme un débat politique abstrait. Son étincelle initiale est venue des commerçants, des travailleurs et de citoyens ordinaires écrasés par une économie ravagée par la corruption systémique. Mais il a rapidement évolué vers quelque chose de bien plus fondamental. Aux cris de « Mort au dictateur » et de « Liberté, liberté, liberté », le peuple iranien a exprimé sans ambiguïté que ses souffrances — économiques, politiques, sociales, culturelles, environnementales et humanitaires — ont une cause unique : l’institution du Velayat-e Faqih et le régime criminel et prédateur bâti autour d’elle.
Un pays assis sur d’immenses réserves de pétrole, de gaz et de ressources naturelles ne sombre pas dans la pauvreté par accident. Lorsque l’inflation dévore les moyens de subsistance du peuple iranien et que les services publics s’effondrent, le problème ne se résume ni aux sanctions ni à une vague « mauvaise gestion ». Il s’agit d’une élite dirigeante qui vole, réprime et exporte la terreur tout en abandonnant sa propre population à la misère. Voilà pourquoi chaque soi-disant « protestation pour les moyens de subsistance » se transforme inévitablement en accusation politique. Le pain mène à la liberté, et la liberté exige l’éviction de ceux qui ont pillé la nation.
Ali Khamenei et la machine de répression tentent en vain de diviser la société entre des « manifestants légitimes » dont la voix serait tolérée et des « émeutiers » qu’il faudrait écraser. Cette fausse dichotomie a échoué. Les retraités, enseignants, ouvriers, infirmiers et fonctionnaires qui ont manifesté pacifiquement pendant des années — ignorés, battus et emprisonnés — se tiennent désormais côte à côte avec la jeunesse en rébellion ouverte. Leur voix collective est devenue une tempête, et cette tempête ne réclame plus des réformes. Elle exige la fin de l’oppression.
De manière cruciale, le peuple iranien a tracé une autre ligne rouge — une ligne qui menace non seulement les clercs au pouvoir, mais aussi ceux qui rêvent de ressusciter la dynastie Pahlavi. Le soulèvement n’est pas une tentative d’échanger une autocratie contre une autre, ni de romantiser une monarchie dont l’héritage comprend la censure, la torture et le pouvoir absolu. Le cimetière de l’histoire a de la place pour le tyran au turban comme pour le despote couronné. L’avenir de l’Iran ne se construira pas en recyclant des modèles de pouvoir défaillants.
Ceux qui cherchent à détourner la révolution en s’abritant derrière une nostalgie monarchiste méconnaissent profondément le moment historique. Il s’agit d’une génération qui a payé de ses yeux, de son sang et de ses vies. Elle ne se soulève pas pour restaurer un trône, mais pour démanteler le principe même d’un pouvoir héréditaire ou irresponsable. Le slogan n’est pas « Vive le Shah », pas plus qu’il n’est désormais « Réformez le système ». La revendication est claire et sans équivoque : une république fondée sur la souveraineté populaire, l’égalité devant la loi et la séparation de la religion et de l’État.
Les affrontements violents avec le peuple iranien qui se déroulent dans les villes iraniennes révèlent une vérité simple : le soulèvement est entré dans sa phase décisive. Un peuple qui a enduré quarante-sept ans de tyrannie cléricale — et qui se souvient trop bien de la dictature qui l’a précédée — ne se contentera pas de demi-mesures. Il aspire à un avenir libéré à la fois du Shah et du Sheikh, un avenir longtemps refusé mais désormais à portée de main.
Un nouveau mois de février approche. Non comme la répétition de la révolution confisquée de 1979, mais comme sa correction. Cette fois, l’histoire ne sera pas détournée. Cette fois, le peuple iranien est déterminé à accomplir ce que les générations précédentes se sont vu refuser : une liberté sans conditions et une dignité sans maîtres.



