Une caractéristique marquante de cette vague de protestations est la présence active des commerçants des bazars et d’une partie importante de l’économie du pays, un groupe qui joue généralement un rôle déterminant dans la stabilité économique et sociale.
Le journal souligne que, contrairement aux manifestations précédentes, principalement associées aux étudiants ou aux élites, ce sont cette fois les commerçants et les petits acteurs économiques qui sont en première ligne, une évolution qui, selon les experts, pourrait avoir des conséquences plus graves pour le pouvoir en place.
L’article poursuit en indiquant que les slogans des manifestants dans les villes ne se limitent plus aux revendications économiques et ont désormais une dimension politique affirmée.
Le Monde écrit que la confrontation directe avec les dirigeants politiques et l’opposition aux politiques régionales du régime iranien transparaissent dans les slogans, signe d’une colère grandissante au sein des classes moyennes et populaires.
La forte baisse du pouvoir d’achat, la flambée des prix alimentaires et la stagnation des salaires pèsent lourdement sur le quotidien de millions d’Iraniens. Dans ce contexte, de nombreuses familles sont contraintes d’acheter leurs produits de première nécessité à crédit.
Dans la dernière partie de son article, Le Monde n’attribue pas les causes de la crise uniquement à des facteurs internes et souligne également le rôle du renforcement des sanctions internationales et des récentes politiques monétaires de la Banque centrale iranienne. Selon le quotidien, certains analystes estiment que ces politiques ont davantage profité aux grands exportateurs et aux institutions proches du pouvoir qu’aux importateurs et aux consommateurs.
L’article conclut que, même si certains observateurs jugent improbable un effondrement immédiat du système politique iranien, l’ampleur du mécontentement social et la persistance des pressions économiques font sérieusement douter des perspectives de stabilité du pays.



