CSDHI – Dans un reportage consacré à l’intensification de la répression et du massacre des manifestants en Iran, le quotidien britannique The Telegraph écrit que les hôpitaux sont remplis de corps et de blessés. Des médecins font état de morgues saturées, de pénuries graves de matériel médical et de forces de sécurité tirant directement sur les manifestants.
Les corps et les blessés affluent sans interruption dans les hôpitaux. Certains arrivent en ambulance, sirènes hurlantes en continu ; d’autres sont entassés les uns sur les autres à l’arrière de pick-up, couverts de sang. D’autres encore sont amenés dans des voitures particulières par des proches terrifiés, qui pénètrent dans l’enceinte des hôpitaux en klaxonnant et en criant à l’aide.
C’est le tableau des établissements médicaux en Iran tel que le décrit The Telegraph. Cette situation intervient alors que de nombreux blessés n’ont pas été transférés vers les hôpitaux en raison des conditions de sécurité, et que leurs proches tentent de les soigner chez eux.
Des informations font également état de corps conservés dans des habitations, par crainte qu’ils ne soient saisis par les forces du régime et les agents de la répression.
Selon The Telegraph, certains blessés ont été conduits à l’hôpital à pied par leurs proches ; des personnes qui n’ont pas attendu de moyen de transport, portant leurs êtres chers dans leurs bras ou sur leurs épaules, en courant.
Des hommes, des femmes et des enfants…
Certains sont encore en vie, mais peinent à respirer.
D’autres sont morts avant d’atteindre l’hôpital.
Ils présentent des blessures par balle, de violents traumatismes crâniens et des visages déchiquetés par des plombs. Des corps si gravement mutilés que les médecins ne savent pas par où commencer.
Des hôpitaux au bord de l’effondrement
Le récit et le reportage de The Telegraph se poursuivent : à l’aube, de nouveaux blessés arrivent. L’après-midi, ils sont encore plus nombreux. La nuit, il n’y a aucun répit. Près de trois semaines de manifestations ininterrompues ont provoqué un afflux de victimes de la répression du régime dans les hôpitaux iraniens, à un rythme que le personnel médical est incapable de supporter.
Les services d’urgence sont inondés de sang. Les morgues ont débordé. Des sacs mortuaires ont été déplacés dans les cours des hôpitaux, faute d’espace à l’intérieur pour les entreposer.
Des médecins en Iran, s’exprimant vers l’extérieur grâce à des connexions Starlink limitées, décrivent un système de santé au bord de l’effondrement. Ils évoquent des journées de travail sans sommeil, une fatigue extrême et des pénuries généralisées.
Un médecin près de Téhéran affirme que les corps et les blessés sont transportés par camions, ambulances et véhicules privés, et que beaucoup sont morts faute d’avoir pu être pris en charge à temps.
Il ajoute que le personnel médical s’effondre d’épuisement et que « des rivières de sang coulent dans les hôpitaux ».
Des preuves de tueries à grande échelle
Selon The Telegraph, le régime iranien a tenté de dissimuler l’ampleur de ce massacre des manifestants, mais les preuves envoyées depuis l’intérieur du pays en révèlent probablement une partie.
Des militants, des témoins directs et des familles endeuillées, malgré des risques considérables, ont réussi à faire sortir d’Iran des documents attestant des événements.
Le journal écrit que l’intensité de cette répression en fait l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire récente.
The Telegraph compare les tueries de janvier 2025 en Iran aux premières années de la guerre civile syrienne ou au massacre des étudiants lors de la répression de la place Tiananmen en Chine.
Tirs directs et raids dans les hôpitaux
Des témoins ont déclaré que les forces du Bassidj et les agents de sécurité ont tiré à balles réelles sur les manifestants et les ont poursuivis dans les ruelles.
Des informations font également état de passages à tabac d’une extrême violence contre des manifestants blessés.
The Telegraph écrit que même les hôpitaux ne sont pas épargnés et que les forces de sécurité ont fait irruption dans des centres médicaux pour arrêter des blessés et emporter des corps, une pratique qui semble destinée à faire disparaître les preuves.
Le régime iranien a désormais abandonné toute apparence de retenue. Des témoins signalent la présence de snipers sur les toits. L’objectif n’est plus de disperser les foules, mais de tuer les manifestants.
L’intensité de la répression est le signe de la peur du régime. Un régime profondément inquiet pour son avenir, qui a trouvé dans la répression sanglante et le massacre de manifestants, ses uniques moyens de survie. Toutefois, l’expérience montre que le régime iranien traverse des jours difficiles et qu’il semble peu probable qu’il parvienne à sortir indemne de cette impasse.



