CSDHI – Les déclarations du régime révèlent des arrestations massives, des prisons débordées et une résistance persistante malgré une répression généralisée du soulèvement populaire iranien.
De hauts responsables du régime iranien ont formulé de rares aveux publics révélant l’ampleur des dégâts subis par le pouvoir dans le cadre du soulèvement populaire iranien actuel, alors même que les affrontements de rue se poursuivent dans plusieurs provinces.
Lundi, Ebrahim Azizi, président de la Commission de la sécurité du Parlement du régime, a divulgué des chiffres frappants relatifs aux récents troubles. Selon Azizi, les manifestants ont incendié 250 bases du Bassidj, 90 séminaires religieux utilisés à des fins de propagande et de répression par le régime, ainsi que plus de 2 200 motos et véhicules de police. Il a également affirmé que 3 709 membres de la police, du Bassidj et des pasdarans avaient été grièvement blessés lors des affrontements.
Malgré des incohérences évidentes et une probable sous-évaluation, ces chiffres témoignent néanmoins d’un niveau extraordinaire de colère populaire et de résistance organisée. L’ampleur des destructions décrite par un haut responsable du régime souligne la profondeur du ressentiment social accumulé au fil des années de répression, de difficultés économiques et d’exclusion politique.
Une confirmation supplémentaire de la pression exercée sur le régime est venue le même jour de Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire du régime, qui a reconnu que les prisons peinent à faire face à l’afflux d’arrestations.
« Un nombre important de personnes ont été conduites en prison, et leur détention et leur gestion ne sont pas faciles », a déclaré Ejei lundi.
Cet aveu a été indirectement repris par Ahmad-Reza Radan, chef de la police nationale du régime, qui a affirmé que « de nombreux émeutiers ont été identifiés » et que les forces de sécurité allaient « les poursuivre un par un » pour les arrêter. Pris ensemble, ces propos suggèrent deux réalités que les autorités du régime admettent rarement ouvertement : les arrestations massives ont déjà poussé les capacités de détention à leurs limites et, malgré une répression étendue, de nombreux organisateurs clés des manifestations restent en liberté.
Alors que les responsables parlent de contrôle, les événements dans les rues racontent une toute autre histoire.
Lundi 19 janvier, des affrontements et des courses-poursuites se sont poursuivis entre de jeunes manifestants et la police antiémeute sur l’avenue Enghelab à Téhéran, ainsi qu’à Tabriz et à Izeh. Des confrontations similaires avaient déjà eu lieu samedi et dimanche (17–18 janvier) à Téhéran et dans plusieurs villes de province.
Des quartiers tels que l’avenue Valiasr, Saadat Abad, Salehiyeh, Tehranpars et Ekbatan ont été le théâtre d’affrontements répétés, les manifestants scandant des slogans comme « Mort au dictateur » et « Mort à Khamenei ».
À Eslamshahr, des manifestants auraient attaqué le commissariat de Qaemiyeh après des affrontements avec les forces spéciales et désarmé des agents accusés d’avoir tiré sur des civils. Dans la province de Kermanshah, des habitants et de jeunes membres de la tribu Qelkhani, dans le village d’Aineh-Vand près de Sarpol-e Zahab, ont brisé un cordon de sécurité et, lors d’un affrontement armé, désarmé certains agents gouvernementaux venus arrêter des manifestants blessés.
Parallèlement, dans la ville de Khoy, au nord-ouest du pays, de violents combats de rue ont été signalés samedi soir. Les manifestants ont incendié le bureau du gouverneur du district et une base du Bassidj après que les forces de sécurité ont ouvert le feu. La nuit précédente, deux autres centres du Bassidj dans la ville auraient également été incendiés lors d’affrontements.
Pris dans leur ensemble, ces développements éclairent le sens réel des déclarations prudentes des plus hauts responsables sécuritaires et judiciaires du régime face au soulèvement populaire iranien. Malgré les arrestations massives et une répression agressive, les prisons sont surpeuplées, l’État est sous pression, et la rue demeure active et volatile.
Un constat se dégage clairement à la fois des aveux officiels et des rapports de terrain : le régime est de plus en plus assiégé — sur les plans administratif, social et dans l’espace public — tandis que la confrontation entre les autorités et la société ne montre aucun signe d’apaisement.



