Alors que les manifestations se poursuivent et que la répression s’intensifie, l’annonce de la condamnation à mort de Javid Khales, un jeune soldat qui a refusé de tirer sur les manifestants, a ravivé les craintes d’une nouvelle vague d’exécutions extrajudiciaires. Cette sentence intervient au moment même où des responsables du pouvoir judiciaire ont évoqué publiquement des procès sommaires et l’application rapide des peines de mort contre les personnes arrêtées lors des manifestations.
Arrestation d’un soldat pour insubordination
Selon les informations disponibles, Javid Khales est un jeune soldat qui, lors des manifestations nationales de janvier, a été arrêté pour avoir refusé d’obéir aux ordres de tirer sur les manifestants et transféré à la prison d’Ispahan.
Cette arrestation a eu lieu alors que les forces de sécurité, dans de nombreuses villes, tiraient directement sur les manifestants avec des armes militaires, et des rapports indiquent que des milliers de personnes ont été tuées dans les rues. Le refus de Javid Khales de tirer n’était pas un crime, mais un acte d’humanité face au massacre de la population.
Condamnation à mort dans un silence médiatique total
Au moment de la rédaction de ce rapport, aucune information précise n’est disponible concernant les détails de l’affaire, la procédure judiciaire, la nature des accusations formelles ou son état de santé actuel.
Le manque de transparence dans l’affaire de ce jeune soldat a exacerbé les inquiétudes quant au prononcé de peines hâtives et extrajudiciaires. Le silence médiatique autour de telles affaires s’inscrit dans une politique de dissimulation des réalités et de prévention des réactions publiques.
Manifestations, massacres de rue et nouvelle vague de répression judiciaire
Cette condamnation est annoncée alors que les manifestations nationales de janvier ont été réprimées avec une violence meurtrière et ont donné lieu à des arrestations massives.
Le nombre de personnes tuées lors des manifestations se compte par milliers, et ce qui a été recensé jusqu’à présent ne représente qu’une infime partie de la réalité. Parallèlement, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées durant ces manifestations, et nombre d’entre elles sont détenues sans accès à un avocat ni à un procès équitable.
Menaces de procès sommaires et d’exécutions rapides
Des responsables du pouvoir judiciaire du régime iranien ont ouvertement évoqué une réponse « décisive, dissuasive et rapide » à l’égard des personnes arrêtées lors des manifestations. Le porte-parole du pouvoir judiciaire et le procureur de Téhéran ont chacun souligné que les affaires des manifestants devaient aboutir à des verdicts dans les plus brefs délais.
En pratique, le terme « décisif et rapide » signifie l’ouverture de procès sommaires et l’application de condamnations à mort en dehors de toute procédure légale. L’expérience des années précédentes a montré que de telles promesses mènent souvent à des jugements hâtifs et extrajudiciaires. Cette approche ouvre la voie à un nouveau massacre judiciaire sous couvert de manifestations et met en danger immédiat la vie de dizaines de détenus.
Inquiétudes face à la multiplication des exécutions dans un contexte de manifestations
Selon des observateurs, la condamnation à mort du jeune soldat, Javid Khaless, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à instiller la peur parmi les forces militaires et les personnes arrêtées lors des manifestations. Cette stratégie est renforcée par des menaces d’exécution quotidiennes contre les détenus et des promesses de procès rapides.
Alors que les manifestations se poursuivent et que la répression de rue s’intensifie, le risque d’une augmentation du nombre de condamnations à mort est grave. Tout retard dans les réponses nationales et internationales pourrait conduire à la répétition de massacres judiciaires.



