CSDHI – L’une des erreurs analytiques les plus persistantes concernant l’Iran est l’attente d’un effondrement spontané du système au pouvoir. Cette hypothèse ignore une réalité centrale : la survie de la théocratie dirigeante est structurellement indissociable de celle du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC ou pasdarans). Tant que cet appareil de répression demeure intact, le régime ne tombera pas. Le changement de régime en Iran n’est donc pas un accident en attente de se produire ; c’est un projet — un projet qui exige le démantèlement de l’appareil répressif par une résistance organisée et un soulèvement durable.
Contrairement aux systèmes autoritaires classiques, le fascisme religieux au pouvoir en Iran est dépourvu de tout mécanisme interne de réforme ou d’autocorrection. L’idée selon laquelle il pourrait évoluer progressivement, se modérer ou s’effondrer de l’intérieur ne sert qu’un seul objectif : prolonger la durée de vie de la tyrannie. Une transformation réelle ne devient possible que lorsqu’une force organisée et combative à l’intérieur de l’Iran est capable d’affronter la machine militaro-sécuritaire de l’IRGC (pasdarans) et de modifier l’équilibre des forces sur le terrain.
Une autre crainte largement diffusée — souvent de manière délibérée — est le spectre de la « syrisation » ou du chaos post-régime. Ce discours vise à paralyser la société en présentant la dictature comme le moindre mal. La réponse à cette peur ne réside pas dans des assurances vagues, mais dans une préparation concrète. À cet égard, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) se distingue comme la seule force politique ayant préparé de manière systématique le moment de la transition. Après des décennies de lutte, aucune autre entité politique iranienne ne démontre un niveau comparable de préparation organisationnelle, politique ou opérationnelle.
Cette préparation n’est pas rhétorique. Elle comprend un réseau national de professionnels à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, ainsi qu’un cadre juridique et exécutif clairement défini pour le transfert du pouvoir. Selon ce plan, immédiatement après le renversement du régime, un gouvernement provisoire assumerait la responsabilité d’organiser, dans un délai de six mois, des élections pour une Assemblée constituante. Cette assemblée rédigerait ensuite une nouvelle constitution qui serait soumise à un référendum national. Cette feuille de route structurée marque la différence fondamentale entre une révolte aveugle et une révolution organisée — entre le chaos et un transfert délibéré de la souveraineté d’un dictateur vers le peuple.
Un élément central de la guerre psychologique du régime consiste à prétendre que la résistance organisée n’existe qu’en dehors des frontières de l’Iran. Cette affirmation est manifestement fausse. La présence de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) au sein de la société iranienne n’est pas symbolique ; elle est tangible et profondément enracinée dans plus de six décennies de résistance et dans le sacrifice de plus de 100 000 vies, y compris celles des victimes du massacre des prisons de 1988. Même le régime lui-même a été contraint de reconnaître cette réalité — aussi à contrecœur que ce soit.
Aujourd’hui, les Unités de résistance opérant dans plus de 220 villes à travers l’Iran sont l’incarnation vivante de cette présence. Ces unités ne se contentent pas de canaliser les protestations et de relier des griefs locaux en vagues nationales de soulèvement. Elles sapent directement le discours du régime selon lequel l’Iran serait menacé de fragmentation ou de désintégration téléguidée de l’étranger. Par une organisation disciplinée et une culture du sacrifice, elles augmentent considérablement le coût de la répression pour les pasdarans (IRGC). Fonctionnant comme le système nerveux du soulèvement, elles maintiennent l’esprit de résistance dans les moments les plus sombres de la répression et transmettent des renseignements de terrain précis au monde extérieur.
En définitive, l’Iran se trouve face à un choix historique. Le changement doit-il être confié à l’illusion d’une implosion qui ne viendra jamais ? Ou doit-il reposer sur une force combattante disposant à la fois de la capacité de démanteler l’IRGC et d’un plan cohérent pour l’après-régime ? La dure réalité sur le terrain est claire : sans organisation nationale et sans sacrifices illimités, la machine de répression ne reculera pas.
Le chemin de l’Iran vers la liberté passe par le démantèlement de la violence étatique organisée par une résistance populaire organisée. C’est la voie que le Conseil national de la résistance a tracée à travers ses réseaux internes — afin que l’aube de la liberté ne marque pas le début de l’anarchie, mais l’ouverture d’une nouvelle ère fondée sur l’État de droit, la responsabilité et la volonté souveraine du peuple iranien.


