Texte intégral de la déclaration des prisonniers participant à la campagne « des mardis contre les exécutions»
Plus de trois semaines après le massacre brutal de la population dans les rues d’Iran et l’arrestation de dizaines de milliers de citoyens sans défense, une grande partie de la société iranienne demeure dans l’incertitude la plus totale quant au sort et à la situation de ses proches. Ces actions du gouvernement répressif constituent un meurtre d’État et une disparition forcée, et le principal responsable est le Guide suprême, Ali Khamenei.
De nombreux détenus sont jugés secrètement, sans droit à un procès équitable, et risquent de lourdes peines, voire la peine de mort. Les services de sécurité ont menacé de nombreux avocats indépendants, leur interdisant de représenter les détenus du soulèvement de janvier.
Nous, membres de la campagne des « mardis contre les exécutions », appelons toutes les familles des détenus et des personnes exécutées à se faire entendre et à diffuser les noms de leurs proches. Nous appelons également toutes les personnes intègres et les militants des droits humains, des droits des travailleurs, de la société civile et politiques à se faire, plus que jamais, la voix des prisonniers et des personnes récemment détenues.
Le gouvernement despotique procède à des exécutions de manière inconsidérée et hystérique : depuis le 21 janvier, il a exécuté 123 personnes et, du 21 mars 2025 à ce jour, il en a pendu plus de 2 350.
Les manifestations pour les droits du peuple iranien et pour les milliers de filles, de garçons et d’enfants fauchés injustement par les balles et les haches des répresseurs religieux fascistes au pouvoir ont finalement abouti à l’inscription du principal responsable de ces crimes, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. Il s’agit d’une avancée majeure dans la lutte du peuple iranien, une revendication exprimée non seulement par les membres de cette campagne et tous les prisonniers politiques, mais aussi, depuis de nombreuses années, par tous les Iraniens épris de liberté et d’égalité.
Les prisonniers participant à la campagne des « mardis contre les exécutions » observent une grève de la faim ce mardi 3 février, pour la cent sixième semaine de la campagne, dans 56 prisons à travers le pays.


