CSDHI – Le troc des jouets d’enfants contre du riz et de l’huile révèle la profondeur de l’effondrement économique sous le système dirigeant iranien
Il est des moments où les statistiques échouent, et où seules les images peuvent transmettre la vérité. Des rapports récents circulant sur une chaîne Telegram affiliée au régime ont exposé une telle image : des familles proposant les jouets de leurs enfants en échange de denrées alimentaires de base.
Parmi les annonces de téléphones portables et de biens ménagers apparaissent des phrases profondément troublantes : « Échange jouet propre contre riz et huile » ou « Poupée comme neuve contre produits alimentaires ». Il ne s’agit pas de transactions ordinaires. Ce sont des indicateurs saisissants de l’expansion de la pauvreté en Iran.
Derrière chaque annonce se trouve un foyer confronté à un réfrigérateur vide. Les parents sont contraints à un choix impensable : préserver la petite joie d’un enfant ou assurer le prochain repas. Lorsqu’une famille propose un jouet en troc, cela signifie que les autres ressources ont déjà été épuisées. Le jouet n’est plus un symbole de jeu — il devient un dernier bien négociable.
L’augmentation signalée de telles annonces — des poupées échangées contre des œufs, des tricycles contre du riz — marque une régression inquiétante. Ce que les manuels d’histoire décrivent comme des « économies de troc » réapparaît non comme une tradition culturelle, mais comme une stratégie de survie d’urgence. En 2026, lorsqu’un jouet d’enfant est échangé contre des produits alimentaires de base, il ne s’agit pas d’une anecdote de difficulté ; c’est un signal d’alarme structurel.
Ce phénomène de troc de jouets d’enfants révèle plus qu’une détresse émotionnelle. Il reflète l’effondrement du pouvoir d’achat des ménages à revenus faibles et moyens. L’inflation a progressivement érodé les salaires réels, tandis que la stagnation économique a réduit la sécurité de l’emploi. Les familles qui parvenaient autrefois à équilibrer leurs budgets avec difficulté font désormais face à une insolvabilité au quotidien.
Les conséquences dépassent la privation matérielle. L’enfance elle-même est affectée. Un enfant qui voit sa poupée échangée contre du riz absorbe plus que la perte d’un objet ; il intériorise l’instabilité. La pauvreté laisse des empreintes psychologiques qui durent bien plus longtemps que la faim immédiate qu’elle tente de soulager.
La répétition de ces annonces indique que la crise des moyens de subsistance est entrée dans une phase critique. Lorsque le troc se normalise dans une économie urbaine et monétisée, cela démontre une défaillance de l’adéquation des revenus et des mécanismes de protection sociale. Il ne s’agit pas d’une fluctuation temporaire. C’est le symptôme d’un dysfonctionnement économique systémique.
Des années de mauvaise gestion des politiques, d’inefficacités structurelles et d’isolement international ont restreint les opportunités économiques. L’inflation a agi comme un impôt régressif, nuisant de manière disproportionnée à ceux qui disposent de revenus fixes ou informels. L’érosion de la responsabilité institutionnelle a encore affaibli les perspectives de réforme.
Une économie qui contraint les parents à troquer les jouets d’enfants pour obtenir des biens de première nécessité est une économie en détresse. L’échange visible de jouets contre de la nourriture résume une réalité plus large : une société épuisée par une pression économique prolongée.
En définitive, la pauvreté en Iran n’est plus abstraite. Elle est visible dans les petites annonces et sur les marchés de quartier. Elle apparaît dans les négociations silencieuses de parents qui échangent le jeu contre la survie. Et elle souligne une question fondamentale concernant la gouvernance, la responsabilité et l’orientation future d’un pays où même l’enfance est devenue une garantie dans la lutte pour la subsistance.



