Prison de Ghezel-Hessar en Iran : recul des autorités, négociations après deux semaines de grève

Selon les informations reçues de l’unité 2 de la prison de Ghezel-Hessar, une délégation composée de responsables de l’Organisation des prisons et de la direction de l’établissement a rencontré, le mardi 28 juillet 2026, les représentants des détenus de cette unité. Cette réunion s’est tenue après près de deux semaines de grève collective des prisonniers. Les responsables y ont évoqué la suspension des exécutions, le retour de six détenus des cellules d’isolement et le réexamen des dossiers de condamnés à mort. Les prisonniers ont déclaré que l’application concrète de ces mesures constituerait le critère déterminant pour décider de la poursuite ou de l’arrêt de leur mobilisation.

La réunion

Cette réunion est intervenue après près de deux semaines de mobilisation des détenus de l’unité 2, déclenchée pour protester contre les exécutions et le transfert de plusieurs condamnés à mort vers des cellules d’isolement.

Étaient présents lors de cette rencontre :

  • Jamshidi, directeur général de l’Organisation des prisons de la province de Téhéran ;
  • Tarhani, président de la Commission des grâces et des remises de peine de la province de Téhéran ;
  • Azizi, directeur de la prison de Ghezel Hessar ;
  • Ghobadi, directeur adjoint chargé de la santé à la prison de Ghezel Hesar ;
  • Kamarei, responsable de la protection du renseignement de la prison ;
  • Achrafabadi, responsable de la protection du renseignement de l’unité de Ghezel Hesar ;
  • Rezvani, chef de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar ;

ainsi que plusieurs responsables des quartiers de l’unité 2 et des représentants du service de sécurité de l’Organisation des prisons.

Pour prendre part à cette rencontre, quatre personnes de chaque section de l’unité 2 avaient été invitées : trois détenus ainsi que le représentant de leur section. Ils étaient chargés de porter les revendications et préoccupations des autres prisonniers.

Les responsables présents ont de leur côté exposé leurs positions et les engagements qu’ils envisageaient concernant la grève, les exécutions et l’examen des dossiers des condamnés à mort.

Quelles promesses ont été faites à propos des exécutions ?

La question centrale de la réunion concernait les condamnations à mort.

Selon les déclarations des autorités, les exécutions dans les affaires liées aux stupéfiants resteront suspendues jusqu’à ce qu’une décision définitive soit prise concernant la réforme de la loi relative à la lutte contre les stupéfiants.

D’après les explications fournies, cette réforme est actuellement examinée par la Commission judiciaire du Parlement. Une fois cet examen achevé, le texte devra être présenté en séance plénière, puis, en cas d’adoption, être soumis à l’approbation du Conseil des gardiens avant sa promulgation et sa transmission aux autorités judiciaires compétentes pour application.

Les responsables ont affirmé que, jusqu’à l’achèvement de cette procédure, les exécutions resteraient suspendues.

Promesse du retour de six détenus depuis les cellules d’isolement

Un autre sujet abordé concernait la situation de six condamnés à mort qui avaient été transférés dans des cellules d’isolement en vue de leur exécution.

Selon l’engagement pris lors de la réunion, l’exécution de leur peine sera suspendue et ils seront sortis de l’isolement afin de réintégrer les quartiers ordinaires de la prison de Ghezel-Hessar.

Cette demande figurait parmi les principales revendications des détenus protestataires et a été évoquée en présence des représentants des sections de l’unité 2.

Projet de réexamen des dossiers de tous les condamnés à mort

Une autre partie de la réunion a été consacrée à la révision des dossiers des condamnés à mort.

À cette occasion, Tarhani, président de la Commission des grâces et des remises de peine de la province de Téhéran, a indiqué qu’avant cette rencontre, une réunion avait déjà eu lieu avec le procureur de Téhéran, un responsable de l’appareil judiciaire de la province et le directeur général de l’Organisation des prisons de Téhéran.

Selon lui, il y a été décidé que l’ensemble des dossiers des détenus condamnés à mort serait réexaminé par le Conseil de classification des prisons.

Il a été précisé qu’une demande de grâce serait préparée pour chaque condamné à mort et que les dossiers seraient transmis à la Commission provinciale des grâces et des remises de peine. Après examen à ce niveau, ils seraient ensuite soumis à la Commission centrale de la magistrature pour décision finale.

Les responsables ont estimé que ce processus pourrait durer environ six mois et qu’à son terme, certains condamnés pourraient bénéficier d’une mesure de grâce.

Les détenus exigent des actes concrets

Bien que plusieurs engagements aient été annoncés concernant la suspension des exécutions, le retour des six détenus placés à l’isolement et le réexamen des dossiers des condamnés à mort, les représentants des prisonniers ont souligné que leur évaluation se fonderait uniquement sur la mise en œuvre effective de ces engagements.

Selon eux, leur réalisation nécessite un suivi constant et une vérification indépendante, et leur simple annonce ne suffit pas à dissiper les inquiétudes existantes.

La poursuite de la suspension de la grève dépendra du respect des engagements

Les détenus ont déclaré que si les promesses annoncées étaient effectivement appliquées, la situation actuelle pourrait se poursuivre. En revanche, si les exécutions reprenaient ou si les engagements pris n’étaient pas respectés, ils reprendraient leur mouvement de grève.

Cette position montre que la réunion du mardi 28 juillet 2026 doit être considérée comme le début d’une nouvelle phase de dialogue entre les autorités pénitentiaires et les détenus, dont le succès ou l’échec dépendra directement de la mise en œuvre des engagements annoncés.