Lors d’une visioconférence organisée par le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI), Azadeh Alemi, représentante du CSDHI a dressé un tableau alarmant de la situation des droits humains en Iran, marquée par une vague d’exécutions, une répression croissante et la détérioration des conditions des prisonniers politiques. et Afchine Alavi, membre de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), était l’invité spécial de cette visioconférence. Dans son intervention, il a d’abord dressé un tableau général des violations des droits humains en Iran, avant d’aborder la guerre de 12 jours et d’analyser ce défi en posant la question suivante : quelle est la solution pour l’avenir de l’Iran ? Monsieur Alavi a insisté sur la nécessité de soutenir la « troisième voie » promue par Maryam Radjavi, une alternative iranienne, démocratique, face à l’échec de la complaisance occidentale et des options militaires. Des échanges enrichissants avec des participants ont permis d’approfondir des thèmes comme la dénucléarisation, l’ingérence étrangère, les actions juridiques et le rôle du monde économique.

Compte rendu de la visioconférence
La visioconférence s’est ouverte par une intervention d’Azadeh Alemi, représentante du CSDHI, qui a introduit le contexte alarmant des droits humains en Iran. Elle a décrit une intensification de la répression depuis le récent conflit au Moyen-Orient, marquée notamment par une hausse fulgurante des exécutions. Elle a mentionné le cas de plusieurs prisonniers politiques condamnés à mort ou à de lourdes peines, parmi lesquels Farshad Etemadi-Far, Massoud Jame’i et Alireza Mardassi.
Azadeh Alemi a ensuite mis en avant une mobilisation internationale significative : le soutien de 159 députés français à une déclaration appelant à inscrire les Gardiens de la Révolution sur la liste des organisations terroristes. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la « troisième voie » défendue par Maryam Radjavi : ni guerre ni complaisance, mais un changement démocratique porté par le peuple iranien.
Afchine Alavi a pris le relais pour développer ces points. Il a alerté sur la tentative du régime de transférer Saïd Massouri, emprisonné depuis 25 ans, vers un lieu inconnu, évoquant un « enlèvement déguisé ». Cette manœuvre a rappelé les précédents sombres du régime, notamment le massacre de 1988. En réaction, plusieurs prisonniers se sont mobilisés en solidarité avec lui.
Liant cette actualité à un contexte plus large, monsieur Alavi a évoqué la stratégie du régime après la guerre de 12 jours, incluant des transferts massifs de prisonniers sous prétexte de sécurité. Il a également commenté le discours récent du guide suprême Ali Khameneï, qui appelait à la répression accrue des voix dissidentes et à l’unité autour du pouvoir judiciaire.
Concernant les politiques occidentales, monsieur Alavi a dénoncé à la fois l’échec de la complaisance et l’inefficacité des interventions militaires, citant l’exemple de la guerre en Irak. Il a souligné que seule une mobilisation populaire interne, soutenue par une résistance organisée, peut renverser un régime aussi enraciné.
Il a ainsi défendu la « troisième voie » – un changement démocratique dirigé par le peuple iranien, et par sarésistance organisée, en particulier le Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI). Cette alternative repose sur le plan en 10 points de Maryam Radjavi, promouvant une République laïque, l’abolition de la peine de mort, l’égalité des sexes et l’autonomie des minorités ethniques.
Monsieur Alavi a aussi répondu aux idées reçues selon lesquelles un effondrement du régime mènerait au chaos. Il a défendu la maturité politique du peuple iranien et la solidité de sa cohésion sociale. Il a rappelé les cinq soulèvements majeurs depuis 2017 comme preuve de la volonté populaire de changement.
La discussion a ensuite porté sur le rôle des unités de résistance de l’OMPI (les Moudjahidines du peuple), qui structurent les mobilisations intérieures et incarnent la continuité d’un combat de 60 ans. Le CNRI, coalition regroupant diverses forces démocratiques, propose une transition pacifique après le renversement du régime, par un gouvernement provisoire chargé de préparer des élections libres et une nouvelle constitution.
Monsieur Alavi a conclu ce segment en affirmant que le seul choix réaliste pour les puissances étrangères est de reconnaître le droit du peuple iranien à la résistance, plutôt que de composer avec le régime. Il a précisé que la Résistance ne réclame ni armement ni financement, mais un arrêt du soutien politique et économique au régime des mollahs.
Une série d’échanges avec les participants a ensuite enrichi le débat :
- Isabelle a posé une question sur une possible dénucléarisation régionale impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis. Monsieur Alavi a répondu que ces propositions sont souvent des tactiques dilatoires du régime pour gagner du temps.
- Concernant l’usage des richesses détenues par le régime et en particulier les Gardiens de la révolution pour calmer la colère populaire, Alavi a expliqué que les mollahs ne se sont jamais souciés du bien-être du peuple. Il a cité les milliards dilapidés dans le programme nucléaire et les guerres par procuration.
- Alban a mis en perspective la question de l’ingérence étrangère, estimant que les puissances occidentales n’ont plus la capacité ni la volonté d’intervenir directement dans les affaires iraniennes. Monsieur Alavi a abondé en ce sens, notant que les exemples récents prouvent l’inefficacité des interventions extérieures.
- Alice a soulevé le rôle de la Chine, que monsieur Alavi a qualifiée de partenaire de circonstance, exploitant les faiblesse du régime sans engagement stratégique profond. Il a souligné que la Chine ne défendra pas les mollahs en cas de renversement.
- Sylvie s’est intéressée au rôle du monde des affaires. Monsieur Alavi a noté que si les milieux économiques avaient longtemps soutenu la complaisance, ils sont désormais désillusionnés face à l’économie verrouillée par les Gardiens de la Révolution.
Monsieur Alavi a insisté sur l’indépendance et la rigueur morale de la Résistance iranienne, qui n’a jamais pactisé avec le régime, ce qui lui vaut aujourd’hui le respect du peuple iranien. Interrogé sur des infiltrations, il a reconnu les efforts du régime dans ce domaine, tout en affirmant que la Résistance est restée vigilante.
Enfin, Isabelle a proposé d’envisager des actions juridiques auprès des instances internationales, telles que la Cour pénale internationale ou la Cour internationale de justice, notamment sur la prise d’otages et la condition des femmes. Monsieur Alavi a soutenu pleinement ces initiatives, soulignant leur utilité pour accentuer la pression politique et médiatique sur le régime.
Conclusion
Cette visioconférence a mis en lumière non seulement la gravité de la situation des droits humains en Iran, mais aussi la crédibilité d’une alternative portée par le peuple iranien et sa Résistance organisée. La « troisième voie », telle que défendue par Maryam Radjavi et illustrée dans ce débat par Afchine Alavi, s’impose de plus en plus comme la seule solution réaliste et durable face à une théocratie usée et violente. Les questions pertinentes soulevées par les participants ont enrichi le dialogue et esquissé des pistes concrètes d’action et de solidarité internationale.
Voici l’enregistrement de la conférence sur Youtube :



