301 juristes mettent en garde contre les atrocités de masse imminentes en Iran et exhortent l’ONU à agir pour empêcher la répétition du massacre de 1988

L’escalade des exécutions et la rhétorique du régime suscitent une inquiétude mondiale quant à d’éventuels crimes contre l’humanité
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CSDHI – Dans une déclaration conjointe puissante publiée le 23 juillet 2025, 301 juristes, experts des droits de l’homme et anciens responsables de l’ONU ont exhorté la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour empêcher une répétition des crimes contre l’humanité du massacre de 1988 de prisonniers politiques en Iran. Le groupe avertit que la recrudescence actuelle des exécutions et de l’incitation sanctionnée par l’État prépare le terrain pour une autre atrocité d’une ampleur similaire.

L’avertissement intervient au milieu de développements alarmants au sein du régime iranien, y compris la promotion des exécutions massives comme une réponse étatique légitime à la dissidence politique. Le 7 juillet, l’agence de presse Fars—un média affilié au Corps des gardiens de la révolution islamique (les pasdarans)—a publié un éditorial intitulé « Pourquoi les exécutions de 1988 devraient être répétées ». L’article décrit le massacre de 1988 de plus de 30 000 prisonniers politiques comme une « expérience historique réussie » et préconise le même traitement pour les détenus actuels, qualifiant la dissidence de menace à la sécurité nationale.

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Cette rhétorique, soutiennent les signataires, est plus qu’un dangereux révisionnisme—c’est un appel à l’action qui fait écho aux crimes commis en vertu d’une fatwa émise par l’ancien guide suprême Ruhollah Khomeini, qui a conduit à l’exécution systématique de prisonniers politiques, particulièrement les partisans de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI).

Les exécutions politiques en hausse

La déclaration met en évidence plusieurs cas récents qui soulignent la campagne de répression renouvelée du régime. Le 12 juillet 2025, trois militants de l’opposition—Farshad Etemadi-Far, Masoud Jamei et Alireza Mardasi — ont été condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire d’Ahvaz après avoir enduré deux ans de torture. Ils ont été condamnés pour « guerre contre Dieu » (moharebeh) uniquement pour leur soutien à l’OMPI.

Des dizaines d’autres prisonniers politiques sont toujours dans le couloir de la mort, dont Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani, dont le dernier recours en révision judiciaire a été rejeté par la Cour suprême iranienne ce mois-ci. Ces cas reflètent un schéma plus large de condamnations arbitraires, de torture et de punitions extrajudiciaires.

Depuis que le président du régime, Masoud Pezeshkian, a pris ses fonctions, le nombre d’exécutions a considérablement augmenté. Plus de 1 300 exécutions ont été effectuées sous son administration, dont plus de 650 en 2025 seulement—marquant l’une des périodes les plus meurtrières de l’histoire récente de l’Iran.

Échos de 1988 : « Un crime est en cours »

301 Experts Warn of Looming Mass Atrocities in Iran, Urge UN Action to Prevent Repeat of 1988 Massacre – Iran News Update

Les observateurs des droits de l’homme disent que ces développements ne sont pas isolés mais font partie d’une politique délibérée de l’État. Un rapport de juillet 2024 du Rapporteur spécial des Nations Unies sur l’Iran a précédemment décrit le massacre de 1988 comme un crime contre l’humanité et un génocide en cours. Début juillet 2025, dix procédures spéciales des Nations Unies ont publié une déclaration conjointe alertant sur la répression intensifiée du régime iranien suite au déclenchement des hostilités le 13 juin et au cessez-le-feu qui a suivi.

Les experts de l’ONU ont spécifiquement cité la rhétorique des médias d’État qui appelle à la « surveillance » et aux « meurtres », en la comparant directement à l’atmosphère précédant les exécutions de 1988.

Une confirmation supplémentaire de ces craintes est venue dans une lettre passée en contrebande du prisonnier politique Saeed Masouri, un défenseur de longue date dans le cadre de la campagne « Non aux mardis d’exécutions ».

Détenu dans la prison de Qezel Hesar, Masouri a décrit une tentative infructueuse de le transférer de force et a averti que cette mesure faisait partie des préparatifs pour procéder à d’autres exécutions. « Tout comme en 1988 », a-t-il écrit, « un crime est en cours. »

L’inaction internationale à l’époque—et maintenant ?

La déclaration des 301 experts est un appel direct aux organismes internationaux et aux gouvernements à ne pas répéter les erreurs du passé. En 1988, la communauté internationale est restée silencieuse alors que des milliers de personnes étaient assassinées dans les prisons iraniennes. Cette inaction, soutiennent-ils, a enhardi le régime et créé un dangereux précédent.

Les signataires demandent maintenant des mesures spécifiques, y compris :

  • Le Rapporteur spécial de l’ONU sur l’Iran, le Dr. Mai Sato, et d’autres procédures spéciales ont pour mandat de condamner publiquement l’incitation à la violence du régime iranien et ses exécutions en cours.
  • Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, doit publier une déclaration sans équivoque contre les violations systématiques des droits de l’homme par l’Iran.
  • Le Canada et d’autres coauteurs de la résolution de la Troisième commission de l’Assemblée générale des Nations Unies sur l’Iran doivent faire explicitement référence au massacre de 1988 dans la prochaine résolution.

« La communauté internationale n’a pas agi en 1988 », concluent les experts. « Elle ne doit pas échouer à nouveau. » La responsabilité d’empêcher ces crimes contre l’humanité de se reproduire incombe aux Nations Unies et à leurs États membres. »

Avec l’augmentation des signes d’alerte et la poursuite des exécutions, la question reste de savoir si le monde tiendra compte des leçons du passé—ou restera une fois de plus silencieux face aux atrocités.