Cinq prisonniers politiques condamnés à mort – Mohammad Taghavi, Shahrokh Daneshvar Kar, Vahid Bani Amrian, Pouya Ghobadi et Babak Alipour – ainsi qu’un prisonnier de sécurité accusé d’espionnage, Babak Shahbazi, ont été transférés de force à la prison de Ghezel Hessar, vendredi matin, dans le cadre des mouvements massifs de détenus entre le pénitencier de Fashafouyeh, en banlieue, et Evine à Téhéran. La prison de Qhezel Hessar est en particulier dédiée aux exécutions.
Selon des sources informées, ces prisonniers ont été séparés des autres avec violence, frappés par les gardiens et privés de tout contact avec leurs familles, avant d’être emmenés vers un lieu de détention tenu secret. Leur protestation contre ce transfert a été réprimée par des coups violents.
Ce transfert survient alors qu’au cours des deux derniers jours, plus de 600 détenus politiques, de sécurité et financiers ont été déplacés sans préavis de la prison de Fashafouyeh à celle d’Evine, malgré l’état encore inachevé des réparations à Evine après l’attaque à la roquette pendant la « guerre des 12 jours ».
D’après les témoignages, dans la nuit du 7 août, un groupe de prisonniers financiers a été déplacé, suivi, à l’aube du 8 août, par un grand nombre de détenus politiques et de sécurité vers les quartiers 7 et 8 d’Evine. Les transferts se sont déroulés à vive allure, dans un climat d’opacité, et sans permettre aux prisonniers de récupérer leurs effets personnels.
Cinq condamnés à mort politiques
Pour mémoire, les six prisonniers politiques Vahid Bani Amerian, Seyed Mohammad Taghavi, Babak Alipour, Pouya Ghobadi, Shahrokh Daneshvar-Kar et Abolhassan Montazer avaient été jugés ensemble par la 26ᵉ chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge potence Iman Afshari, le 7 octobre 2024.

Le 30 novembre 2024, ils avaient été condamnés à mort ou à de lourdes peines de prison pour « baghy » (rébellion armée), rassemblement et collusion contre la sécurité nationale et appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI).
Quant à Babak Shahbazi, il a été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire pour espionnage au profit d’Israël, dans le cadre d’une affaire de sécurité distincte.


