CSDHI – Le soulèvement national de janvier 2026 a mis en lumière l’érosion de l’appareil sécuritaire et a poussé le système au pouvoir vers une escalade à haut risque.
Le soulèvement national de janvier 2026, marqué par une extension géographique sans précédent et par des slogans explicitement hostiles au système, a placé le régime dans une situation de survie manifeste. L’ampleur et la persistance des manifestations ont mis à rude épreuve les mécanismes traditionnels de répression, révélant des signes de fatigue et d’incertitude au sein de l’appareil sécuritaire intérieur.
Des informations de terrain indiquent que, face aux inquiétudes concernant une baisse de l’obéissance et d’éventuelles défections parmi les forces internes, le régime a eu recours à une mesure d’une dangerosité inhabituelle : le déploiement présumé d’éléments supplétifs liés à l’étranger et d’unités paramilitaires non autochtones pour une confrontation directe avec les manifestants à l’intérieur du pays.
Selon plusieurs témoignages concordants, ces déploiements se sont concentrés dans des régions devenues des foyers majeurs du soulèvement, notamment la province de Tchaharmahal-et-Bakhtiari, le Khouzestan — en particulier Abadan —, Ispahan, le Lorestan et Machhad.
Des témoignages recueillis dans des zones telles que le boulevard Zand à Chiraz et les rues d’Abadan décrivent des agents de sécurité s’exprimant avec de forts accents arabes non locaux, distincts des dialectes des communautés arabes iraniennes.
Des observateurs ont également relevé des comportements et des modes opératoires différents de ceux des forces locales habituelles. À Machhad, des informations ont fait état de la présence d’une unité d’environ 150 hommes équipée de matériel de combat spécialisé, suggérant une coordination centralisée plutôt qu’un renfort improvisé.
Si ces informations se confirment, l’utilisation interne de forces supplétives ou entraînées à l’étranger constituerait une rupture majeure avec le modèle répressif traditionnel du régime. Elle traduirait un basculement stratégique motivé par la défiance envers certains segments des forces de sécurité nationales et par la crainte de leur réticence à continuer d’exercer une violence létale contre leurs propres concitoyens.
Pour des unités façonnées par des années d’endoctrinement idéologique en dehors de l’Iran, le recours à une force extrême contre les manifestants n’est pas perçu comme une répression intérieure, mais comme la neutralisation d’un ennemi construit de toutes pièces — ce qui accroît considérablement le risque d’une violence exacerbée.
Cette approche remplit également une fonction secondaire : envoyer un message clair aux forces de police et de sécurité nationales, en montrant que des mécanismes alternatifs de coercition sont disponibles. En démontrant sa capacité à importer la force, le régime cherche à dissuader toute hésitation, à prévenir la sympathie envers les manifestants et à bloquer toute dynamique de désobéissance ou de fragmentation interne.
Des éléments supplémentaires indiquent que l’infrastructure logistique permettant le transfert rapide de telles forces a été développée au fil des années, et non improvisée en réaction à la crise actuelle.
La nomination de hauts commandants du Corps des gardiens de la révolution islamique (les pasdarans) à des postes d’ambassadeurs — notamment en Irak — a de facto transformé certaines missions diplomatiques en plateformes logistiques. Cela souligne le degré de coordination entre l’appareil de politique étrangère du régime et ses objectifs sécuritaires et militaires.
Le Conseil national de la Résistance iranienne a publiquement averti que des personnels auparavant organisés sous l’appellation de « défenseurs des sanctuaires » pour des opérations extérieures sont désormais redéployés pour réprimer la contestation du soulèvement national à l’intérieur du pays — réaffectés à la défense du noyau politique du système plutôt qu’à la sécurité nationale.
Le recours présumé à des forces supplétives lors du soulèvement national de janvier 2026 affaiblit davantage les prétentions de longue date du régime à une légitimité populaire et à une cohésion institutionnelle. Loin de projeter une image de force, ces mesures révèlent au contraire une vulnérabilité croissante : celle d’un État de plus en plus dépendant d’une coercition externalisée pour maintenir son contrôle sur sa propre population.
Sur le plan politique, cette escalade suggère que le système terroriste des mollahs au pouvoir ne considère plus le pays comme une entité gouvernée par le consentement — fût-il contraint —, mais comme un territoire devant être contenu.
La volonté de s’appuyer sur des forces non autochtones ou supplétives contre des manifestants nationaux marque un point d’inflexion critique, révélant à la fois la profondeur de la crise du régime et le rétrécissement dramatique de l’éventail des options qui s’offrent encore à lui.


