Manifestants détenus en Iran : accusations graves liées à la sécurité et risque d’exécution

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CSDHI – Suite à la répression sanglante des manifestations de janvier, les manifestants détenus font désormais face à de graves accusations liées à la sécurité et risquent la peine de mort. Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur d’Iran Human Rights, une organisation de défense des droits humains basée à Oslo, a souligné, lors d’un entretien avec Deutsche Welle, la chaîne de télévision internationale allemande, la nécessité de sensibiliser l’opinion publique.

La publication de rapports alarmants concernant l’inculpation de manifestants détenus pour atteinte à la sécurité et la tenue de procès expéditifs – sans procédure régulière ni accès à un avocat indépendant – suscite de vives inquiétudes quant à leur sort.

Amnesty International a annoncé, dans un communiqué publié le vendredi 20 février 2026, qu’au moins 30 manifestants détenus en Iran sont passibles de la peine de mort en lien avec les manifestations de janvier 2026. Selon l’organisation de défense des droits humains, huit d’entre elles ont été condamnées à mort quelques semaines seulement après leur arrestation.

Depuis les manifestations nationales de 2022, le régime iranien s’efforce d’instaurer un climat de peur et d’intimidation au sein de la société afin de réprimer toute dissidence politique, en recourant à de graves accusations d’atteinte à la sécurité et en exécutant rapidement certaines peines.

Il est crucial de sensibiliser l’opinion publique pour sauver la vie des détenus

Le nombre de manifestants détenus est très élevé et nombre d’entre eux sont détenus dans des centres de détention non officiels, mettant ainsi leur vie en danger.

Alors que le régime iranien, craignant une extension des manifestations, a lancé une répression violente et sans précédent, suivie de l’arrestation de milliers de personnes, sensibiliser l’opinion publique peut contribuer à briser le silence et le manque d’information entretenus par les autorités.

Faute de quoi, l’ambiguïté et le manque d’information deviendront des outils entre les mains du régime iranien pour violer davantage les droits des détenus et intensifier la répression des opposants, sans que cela n’ait d’impact immédiat sur l’opinion publique.

Le silence et l’interruption de la circulation de l’information accroissent le risque de traitements arbitraires, permettant ainsi aux autorités judiciaires du régime iranien de faire des détenus un exemple à suivre pour la société.

C’est pourquoi de nombreux militants des droits humains estiment que la publication continue d’informations et la divulgation des noms des détenus et des personnes tuées constituent un moyen de neutraliser cet instrument ; une action qui peut maintenir la question iranienne au cœur du débat public et ouvrir la voie à la traduction en justice des responsables de la répression sanglante du peuple.